L'adoption des technologies à l'école est une question de culture

Par 22 avril 2009

La culture de son pays a un impact sur l'adoption d'Internet. Le constat est valable dans le milieu éducatif : des attitudes comme l'individualisme font percevoir différemment l'introduction de ces solutions à l'école.

Le facteur culturel explique en partie les différentes approches et maîtrise des outils technologiques d'un pays à l'autre. Voilà l'une des conclusions d'une étude menée par une équipe de chercheurs espagnols* sur l'influence de la culture du pays d'origine sur la perception et l'adoption d'Internet par les individus. Et selon eux, de telles conclusions s'appliquent aussi à l'environnement scolaire : les différences culturelles ont un impact non négligeable sur l'attitude et le comportement du corps enseignant sur l'utilisation du web comme base d'apprentissage et de connaissance. Les chercheurs ont étudié l'importance de deux concepts : l'individualisme et la peur de l'incertitude dans l'utilisation d'applications Internet.
Individualisme et peur de l'inconnu
Ce dernier critère étant lié au niveau de tolérance collective envers ce qui est considéré comme ambigu ou incertain. Selon les scientifiques, les cultures qui font montre d'un haut degré de peur de l'incertitude ont tendance à considérer ce qui est différent comme dangereux. Elles ne sont du coup pas les plus à même à accueillir le web au sein de leurs supports d'apprentissage. "Il y a une relation entre la culture des enseignants et leur réaction quand il s'agit d'utiliser des solutions high-tech dans l'environnement scolaire", souligne ainsi Manuel Jesus Sanchez, professeur à l'université de Séville. Pour l'étude, ils se sont penché sur les pays des blocs nordique (Danemark, Suède, Finlande, Norvège) et méditerranéen (Espagne, Grèce et Portugal).
Un outil utile
Résultat : "Pour les enseignants individualistes et ceux ayant une faible appréhension de l'inconnu, les applications web sont perçues comme utiles et comme un outil. C'est le cas pour le corps enseignant nordique", ajoute le scientifique. Le concept d'utilité étant perçu par eux comme la possibilité d'améliorer la réalisation des tâches sur une base individuelle. La simplicité d'utilisation est cependant vue comme un point négatif pour les enseignants nordiques car elle n'incite pas à être proactif. De précédentes recherches s'étaient focalisées sur les différences culturelles entre les Etats-Unis et le Japon. L'étude a été publiée dans le journal Computers & Education.
*des universités de Séville et de Grenade

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