L'affaire de la Vel Satis folle pose la question de la responsabilité du constructeur

Par 07 octobre 2004
Mots-clés : Smart city, Europe

Les systèmes électroniques embarqués se multiplient. Dans un récent dossier spécial, l’Atelier présentait les dernières innovations en matière de sécurité notamment. A l’heure où de plus en plus...

Les systèmes électroniques embarqués se multiplient. Dans un récent dossier spécial, l’Atelier présentait les dernières innovations en matière de sécurité notamment. A l’heure où de plus en plus de dispositifs électroniques se proposent de contrôler la conduite de l’automobiliste et d’agir sur celle-ci, il est bon de se demander qui, du conducteur ou de l’électronique, peut avoir la main sur le véhicule en cas de danger imminent. La question se pose justement aujourd’hui, peu après qu’un étrange incident s’est produit sur l’un des véhicules de Renault. Un propriétaire d’une Vel Satis prétend que le moteur de son véhicule est resté bloqué à près de 200 kms/h sur l’autoroute 71, ce week-end. Pendant près de 150 kilomètres, l’automobiliste est demeuré à cette vitesse sans pouvoir freiner ni arrêter le moteur. Escorté par la gendarmerie de Vierzon (Cher), l’infortuné est parvenu à couper son moteur en enlevant la carte à puce de contact du véhicule. A l’heure qu’il est, il faut prendre l’information avec la plus grande précaution. Le véhicule incriminé a été rapatrié au Technocentre de Renault, qui attend le résultat de nouvelles expertises, faisant suite à une première contre-expertise menée par Renault et qui n'a pas décelé de défaut sur le système électronique du véhicule.  Interrogé par le quotidien Le Parisien, le directeur de l’informatique scientifique à l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatismes) a précisé : « Il est possible qu’une erreur intervienne sur le logiciel commandant une des trois fonctions (de régulateur, de frein, d’accélérateur, ndlr) car chacune est pilotée par un ordinateur mais qu’un bogue se produise sur les trois en même temps, c’est quasi impossible. Il y a un risque sur 100 millions ». En attendant les conclusions des experts, Renault a fait savoir qu’il engageait « une action en justice (…) qui conduira notamment à une expertise contradictoire, sans préjudice d'autres actions en réparation des dommages que l'entreprise aurait subis ». Reste à déterminer si le conducteur de la Vel Satis la plus médiatisée de France n’a tout simplement pas menti. Si en revanche l’incident technique se vérifiait, les systèmes électroniques et les constructeurs qui en équipent leurs véhicules n’auraient pas fini de se débattre devant des tribunaux posant la question de leur responsabilité dans le cadre de pareils incidents. (Atelier groupe BNP Paribas - 07/10/2004)

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