L'alliance d'Apple et de Microsoft suscite ce matin beaucoup de

Par 07 août 1997

réactions. En voici quelques unes : Bonne affaire pour le prince al-Waleed qui détient depuis peu 5 % du capital d'Apple. Effectivement en réaction à la nomination d'un nouveau conseil d'administr...

réactions. En voici quelques unes :
Bonne affaire pour le prince al-Waleed qui détient depuis peu 5 % du
capital d'Apple. Effectivement en réaction à la nomination d'un nouveau
conseil d'administration et d'un accord avec Microsoft, l'action Apple a
ouvert hier sur le Nasdaq en hausse de 14 % à 29 dollars après avoir gagné
déjà plus de 30 % la veille. Ayant acheté au mois de mars pour 115,4
millions de dollars d'actions Apple en deux blocs, le prince al-Waleed
s'est renforcé en achetant deux blocs du 17 mars au 1er avril l'un de
deux millions d'actions à 19,05 dollars et l'autre de 2,69 millions
d'actions à 19,25 dollars. Bien que le cours soit reparti alors à la
baisse, il a commencé à se redresser après le départ de Gilbert Amelio, le
président d'Apple.
Pour autant, alors que la composition d'un solide conseil d'administration
a été très bien accueillie par les analystes, le financier Jerry York est
tout particulièrement estimé à Wall Street, ils restent néanmoins
préocupés sur l'avenir de la société, Steve Jobs ayant, en présentant les
grandes lignes de la stratégie d'Apple "totalement omis de parler de
Rhapsody", le système de nouvelle génération que le groupe doit introduire
en 1998 ni des difficiles relations entre Apple et les constructeurs de
clones. Pendant cinq ans, Microsoft s'est engagé à publier des versions de
ses plus importants logiciels spécialement conçues pour Macintosh.
(La Tribune - 08/08/1997)

Dans une interview à La Tribune, le Président de Be Inc, ancien numéro
deux d'Apple, Jean-Louis Gassee fait part de ses réactions.
Le rapprochement de Microsoft et d'Apple ne peut que ranimer
l'enthousiasme des supporters d'Apple. Steve Jobs a d'énormes talents pour
remotiver les gens et ramener la confiance. Microsoft pour sa part réalise
"un coup très habile et d'une rare élégance". Etant le premier fournisseur
d'applications logicielles pour Mac, il sécurise ses parts de marché et
leur trace un avenir tout en donnant un coup de pied à Netscape. Ayant
payé les actions il y a quelques jours à un prix nettement inférieur au
prix actuel, Microsoft a déjà gagné près de la moitié de son
investissement. Bien qu'il existe une apparente contradiction entre la
présence de Larry Ellison, le PDG d'Oracle, ami personnel de Steve Jobs,
et l'alliance avec Microsoft, ce dernier n'a agi que pour favoriser ses
affaires. Bien sûr, on peut craindre que le monde de l'informatique ne
devienne de plus en plus un monde tenu par Microsoft car Apple ne peut pas
faire un système qui ne ferait plus tourner les applications de Microsoft,
c'est "je te tiens, tu me tiens par les applications". A la question posée
sur l'avenir de Rhapsody, Jean-Louis Gassée se contente pour l'instant de
prendre note du silence enregistré mardi sur ce point.
(La Tribune - 08/08/1997)

Pour "Libération", le grand perdant dans cette histoire ne peut être que
Netscape. En quelques mois, Netscape en distribuant son navigateur
gratuitement aux particuliers (seules les entreprises payent) s'était
attribué près de 90 % d'un marché-clef pour la domination de l'Internet.
Bien entendu, Microsoft avec son navigateur Internet Explorer n'a pas
tardé à réagir devant ce quasi-monopole. Depuis un an, tous les acheteurs
de PC vendus avec Windows 95 se retrouvaient d'emblée avec un navigateur
estampillé Microsoft. Sur le marché mondial de l'informatique personnelle,
les PC équipés de Windows représentent plus de 80 %, la part de Netscape
s'est ainsi rapidement effondrée. L'annonce faite à Boston n'est donc
qu'une digue symbolique qui saute. Admettant que "des échanges de
technologies avec Microsoft, notamment dans le domaine de l'Internet"
devraient favoriser le navigateur de Microsoft sur les Mac, Achille Béres,
directeur du marketing d'Apple France reste prudent et rappelle que la
dernière version du système d'exploitation Macintosh sortie le 22 juillet
aux Etats-Unis est fournie avec le produit de Netscape en même temps que
celui de Microsoft. Désormais plus des deux tiers du chiffre d'affaires de
Netscape reposent sur les services aux entreprises et les logiciels
professionnels. Après l'annonce faite hier, l'action de Netscape n'a
pratiquement pas subie de baisse.
(Libération - 08/08/1997)

Les interrogations restent nombreuses. Microsoft avec cette alliance a
relancé les critiques sur sa volonté de domination de l'industrie
informatique. On estime qu'il cherche, pour une somme relativement
modique, à se mettre à l'abri des foudres de la commission antitrut qui
serait susceptible de lui demander d'effectuer une scission entre ses
activités de systèmes d'exploitation et de logiciels applicatifs. Au cours
d'une conférence de presse, Bill Clinton a déclaré "J'attends du
département de la Justice de savoir si cela a des implications antitrust".
D'autres instances comme la Commission fédérale du Commerce vont devoir,
par ailleurs, se prononcer sur l'opération. La question du devenir
technologique qui avait fait d'Apple une société "différente" face à IBM
puis à Microsoft et son allié Intel se pose à la suite des accords croisés
d'échange de licences signés mercredi entre les deux sociétés et la
possibilité d'accès à leurs brevets respectifs actuels et futurs. Apple
risque en effet de ne pas pouvoir résister à la puissance de Microsoft. Si
certains estiment que l'arrivée de Microsoft peut favoriser la nomination
rapide d'un PDG, pour d'autres au contraire, il risque de ne pas y avoir
beaucoup de candidats prêts à affronter un tel "board". Le nouveau PDG
sera confronté à un choix difficile et devra donner la priorité au
redressement des comptes de la firme pour satisfaire les actionnaires et
la communauté financière.
(Les Echos - Le Figaro - 08/08/1997)

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