L'analyse de données ne peut se passer de l'humain

Par L'Atelier - Paris 01 mars 2010 Laisser un commentaire

La capacité de déduction du cerveau humain rend ce dernier plus apte à décrypter certaines informations financières que l'ordinateur. Seul un individu est ainsi capable de distinguer une courbe réelle d'une générée au hasard.

Un œil inexpérimenté parvient sans mal à distinguer une courbe financière réelle d’une courbe générée de façon aléatoire par un ordinateur. Tel est le postulat d'une équipe de la Northeastern University et du MIT Lab for Financial Engineering, pour qui même pour un néophyte, les courbes des marchés financiers n'évoluent pas de façon purement aléatoire, contrairement aux idées reçues. Le but de cette recherche ? Montrer que pour certaines tâches liées à l'analyse – ici, financière - l’ordinateur ne peut pas remplacer l’humain mais vient en renfort. "L'individu a une capacité de reconnaissance et de déduction qui explique la différence de pertinence entre les analyses techniques fournies par un individu et les analyses quantitatives résultant d’une approche plus algorithmique", est-il précisé. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont convié les internautes à participer à un jeu en ligne, baptisé "Arora"*.

Des résultats qui ne relèvent pas du hasard

La règle était simple : les participants voyaient défiler deux courbes simultanément, l’une au-dessus de l’autre. Ils devaient parvenir à déterminer laquelle de ces courbes était réelle - c’est-à-dire laquelle correspondait à une fluctuation financière historique -, sachant que l’ordinateur cherchait à rendre l’autre aussi vraisemblable que possible. "L’expérience aurait été nulle si les participants n’étaient pas parvenu à distinguer la courbe réelle de la courbe aléatoire",indique l’étude. "Dans une telle situation, leurs décisions auraient été purement liées au hasard, avec une chance sur deux de réussite à chaque fois", est-il précisé. Or, les résultats sont loin d’être aussi faibles. En l’occurrence, il apparaît clairement que les participants sont parvenus à distinguer le vrai du faux. Et ce, quelque soit leur familiarité initiale avec les données financières.

Une capacité humaine de reconnaissance et de compréhension

En effet, les volontaires ont indiqué leur profession, et le pourcentage de bonnes réponses pour ceux qui ont déclaré que la finance faisait partie intégrante de leur métier ne se distingue pas véritablement des autres (plus ou moins les trois quarts d'entre eux pour les professionnels du secteur comme pour les autres). "Dans notre expérience, il n’y a aucune corrélation entre l’expertise financière et la performance des candidats",soulignent les chercheurs. Selon l'équipe, le cerveau humain parvient à tirer une logique à partir d’une série de courbe qui lui sont proposées. "La capacité des participants à apprendre, comprendre et adapter leur décisions est le facteur le plus significatif dans les résultats de l’étude",ajoutent les chercheurs.

* Ce jeu s’inspire du test de Turing.

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