L'argument écologique pour populariser le télétravail ?

Par 28 mars 2011 1 commentaire
Télétravail

Les émissions des gaz à effet de serre pourraient être réduites si l'on facilite l'accès au travail à distance. Une stratégie qui passe par une nécessaire amélioration des réseaux.

Le télétravail, une solution pour réduire les émissions de CO2 ? Oui, jugent deux chercheurs à l’université de Widener et à l’Institut américain de la consommation. Dans un rapport, ils rappellent des chiffres édités par l’agence de protection environnementale américaine. Et qui annoncent que plus de 90 % des employés américains utilisent aujourd'hui leur voiture pour aller travailler. L’ensemble des dépenses liées à ces déplacements représenterait plus de 7 % du PNB américain et 424 millions de tonnes de dioxyde de carbone rejetées dans l’atmosphère. Or, affirment les scientifiques, en incitant au télétravail, il serait possible de réduire les émissions de CO2 de près de 250 millions de tonnes dans les dix prochaines années. En effet, déjà 10 % des Américains travaillent depuis leur domicile, ce qui représente une réduction annuelle de 45 millions de tonnes de gaz à effet de serre.

Exploiter les bandes passantes

Pour Joseph P. Fuhr et Stephen Pocisask ces bénéfices environnementaux pourront se faire en encourageant le développement des bandes passantes à haut débit. Cela optimisera en effet l’utilisation d’outils de communication à domicile, et ce notamment pour les fonctionnaires : plus de 40 % d’entre eux auraient la possibilité de travailler à distance. Une manière d’améliorer les conditions atmosphériques et la fluidité du trafic. Les employés pourront donc faire des économies de transport, de temps et améliorer leur condition de travail notamment grâce à un niveau de stress moins élevé. L’amélioration des réseaux Internet est donc primordiale. Selon Robert Litan (économiste américain cité par les auteurs du rapport), cela permettrait de faire baisser les coûts médicaux et d’améliorer l’accessibilité au travail pour les seniors et les personnes handicapées.

L’entreprise gagnante

Selon les chercheurs, qui s'appuient sur différentes études, le télétravail ferait aussi baisser le taux de turnover dans l’entreprise. Les employeurs donnent ainsi à leurs salariés, la possibilité de mieux gérer leur temps, comme celui des mères de familles par exemple. De plus, les entreprises ont des besoins en équipements réduits. En témoigne IBM qui économiserait un milliard de dollars en loyers grâce au télétravail. Cela améliorerait également la productivité des employés et permettrait donc à l’entreprise de réels gains, en plus de  réduire son empreinte carbone. A l’avenir, les chercheurs notent que les études pourront également prendre en compte l’utilité des dispositifs de téléprésence possibles grâce à l’amélioration des technologies.

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1 Commentaire

Il me semble clair que le télétravail, son inscription et sa légitimation au sein des pratiques de GRH présente aujourd'hui un enjeu majeur - pas seulement en terme d'impact écologique (votre article le souligne très bien, avec des chiffres récents), mais également autour des avantages concrets que l'entreprise, le salarié et la collectivité peuvent y trouver.

Plusieurs problèmes se posent: l'acceptation de cette pratique par les entreprises, l'outillage et la formation des salariés/management à ce mode de collaboration... Egalement, l'offre en terme de lieux dédiés au télétravail est un facteur limitant - comment bien télétravailler, si aucun lieu ne propose une structure et des services adéquats prêt de chez soi?

Un outil pour trouver ce type de lieux émergent existe en version béta: http://www.neo-nomade.com/. Référencement, géolocalisation et description détaillée des lieux de télétravail - cet outil se nourrit également des référencements faits par les télétravailleurs eux-mêmes... Avis aux volontaires! :)

Soumis par Baptiste (non vérifié) - le 29 mars 2011 à 13h42

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