L'armée américaine met des nanobatteries dans ses uniformes

Par 16 octobre 2007

Les soldats arboreront bientôt des uniformes intégrant des nanobatteries. Celles-ci, composées de fibres, permettront de stocker et de générer de l'énergie pour alimenter les appareils électroniques nécessaires aux militaires.

(Crédit : Courtesy Hills Inc.)
Les uniformes militaires pourraient bientôt se parer de nanofibres capables de stocker ou de générer de l'énergie. La société américaine Hills Inc. a développé un système qui rassemble plusieurs matériaux énergétiquement denses dans des fibres à l'échelle nano de sorte qu'elles agissent comme une batterie. Ces dispositifs devraient être adoptés dès le début de l'année prochaine par l'US Army Natick Soldier Research Development and Engineering Center, où ils s'intègreront au programme dédié à élaborer des uniformes multifonctionnels adaptés aux besoins des militaires. Principal intérêt de ces nouveaux composants : ils permettent de stocker de l'énergie dans un espace restreint et de soulager les soldats de tout un aspect logistique qui pouvait leur faire perdre beaucoup de temps.Stocker l'énergie de 900 batteries dans des vêtements
Les militaires utilisent aujourd'hui de nombreux appareils électroniques comme des armes à visée laser et à vision nocturne, ou encore des radios et des réseaux informatiques avancés. Autant d'objets qui nécessitent une grande consommation d'énergie. Ainsi, un peloton de base requiert pour une mission de cinq jours environ neuf cents batteries de plus de sept types différents, souligne Charlene Mello, membre de l'équipe des sciences macromoléculaires du centre Natick. Le système devrait également résoudre le problème de la durée de vie des batteries traditionnelles. Souvent courte, elle peut entraîner des problèmes majeurs si la pénurie d'énergie se déclare en plein combat.
 
Prochaines sources d'énergie : les virus
 
La machine capable d'assembler les nanofibres s'inspire d'une technologie de fabrication utilisée couramment pour extraire les polymères. Elle est capable de combiner trois matériaux différents. Des métaux avec un faible point de fusion pourraient ainsi être utilisés pour réaliser les fibres conductrices. Des matériaux non organiques pourraient ensuite être incorporés via les polymères pour faire office de batteries, de cellules de carburant ou photovoltaïques. Selon Angela Belcher, professeur d'ingénierie chimique et biologique au MIT, il devrait même être possible d'utiliser des virus, à la densité énergétique extrêmement élevée, pour réaliser les nanobatteries que porteront les soldats sur leurs vêtements.
 
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