L'assistant-robot obéit au doigt et au laser

Par 13 mars 2008
Mots-clés : Smart city

El-E identifie les objets à ramener grâce à un rayon laser que le propriétaire pointe vers la cible en question. Ce système robotique utilise également des techniques de reconnaissance faciale.

Le bras robotisé du Fraunhofer permet déjà à une personne paralysée de s'emparer d'un certain nombre d'objets. Seule contrainte : ces derniers doivent être à proximité de l'individu, le dispositif se trouvant intégré à son fauteuil. L'assistant robot El-E élargit la portée de prise d'objets. Le concept est simple : le système, qui embarque un réseau de capteurs et de caméras, obéit à un rayon laser. En clair, son propriétaire doit seulement pointer pendant quelques secondes l'objet voulu avec une manette qui projette un rayon. Le robot s'en empare alors grâce à un bras mécanique et le ramène au pied de l'utilisateur. A noter : elle ne ramène l'objet que si l'utilisateur pointe ensuite le laser en direction de ses pieds, et ne le lâche que si les deux caméras dont il dispose identifient un visage humain. Le tout avec un taux de réussite estimé pour le moment à 90 %.
Système non invasif
Développé conjointement par les universités de Georgia Tech et d'Emory, le système interprète en effet son environnement comme une interface sur laquelle les objets apparaissent comme des boutons. Pointer son laser dessus revient à presser le bouton. Et donc à alerter l'androïde, qui part saisir l'objet."El-E créé un monde cliquable", souligne Charlie Kemp, co-concepteur du projet au Georgia Tech. La machine est destinée en priorité aux personnes souffrant de problèmes moteurs ou de maladies neurologiques. Le système, évolutif, peut être entraîné afin de devenir plus performant. Autre atout : il émet un bip dès qu'il perçoit l'activation du laser et est capable de prononcer certaines phrases. Selon ses concepteurs, il possède un autre avantage, et de taille : il n'est pas invasif. Tant qu'il n'a pas détecté de laser, le robot reste en effet immobile.
Des capacités encore réduites
Il se déplace grâce à trois roues, et est commandé par un Mac mini, placé dans sa partie inférieure. A terme, El-E devrait également être capable d'ouvrir une porte, d'allumer la lumière et de guider son propriétaire, dans son domicile ou à l'extérieur. D'autant que, selon les responsables du projet, le produit fini devrait coûter moins que l'achat et l'entretien d'un animal dressé. Reste que le système est encore un peu encombrant, et qu'il n'est pas capable pour le moment de porter des objets de plus de 500 grammes. Enfin, et le problème est loin d'être anodin : en cas de dysfonctionnement, il peut devenir difficile à gérer. Il sera testé pendant l'été par un groupe de volontaires souffrant de maladies dégénératives.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas