L'Atelier questionne Dominique Piotet

Par 27 juin 2008
Mots-clés : Smart city

Pour le co-auteur de Comment le web change le monde, le web 2.0, c'est la possibilité pour les internautes de devenir des web-acteurs. Des acteurs connectés entre eux, en permanence.

Le web 2.0 est-il simplement un terme en vogue, ou bien représente-t-il réellement un tournant du web ?
Je trouve que le web 2.0 est un terme en vogue qui exprime mal un tournant de l'Internet. Ce qui change depuis les débuts de celui-ci, c'est ce que les gens en font. Avant, ils étaient passifs. Aujourd'hui, ils deviennent des web-acteurs : ils génèrent du contenu, ils s'impliquent. Plutôt que le passage d'un Web 1.0 à un 2.0, je parlerais d'un passage d'un internaute à un web-acteur. Mais on parle bien de changement en tout cas.
Les ouvrages sur le sujet sont de plus en plus nombreux. A quoi cela est-il dû?
Les internautes ne savent souvent pas ce qu'est le web 2.0, et ne trouvent même pas ça intéressant. Si on en parle maintenant, c'est parce qu'il est devenu visible. On nomme le phénomène depuis deux ans seulement. Les livres sur le sujet n'arrivent que maintenant, parce qu'il faut du temps pour en écrire un, afin d'expliquer les lignes de force qui soutiennent le mouvement.
Quelle est la spécificité de votre livre par rapport aux autres ?
Francis Pisani et moi avons essayé d'écrire un livre d'analyse, de nommer des choses, de conceptualiser : comment on comprend le phénomène, comment on en tire des conclusions...
La question à laquelle nous avons voulu répondre n'est pas : comment utilise-t-on le Web 2.0 ? Nous avons tenté de couvrir le sujet. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faille pas faire de litteracy digital. En effet, la majorité des utilisateurs ne connaît pas vraiment Internet. Les livres comme les guides sont donc très importants.
A qui le web 2.0 donne t-il le pouvoir : aux internautes ? Aux marketers ?
Je crois que le 2.0 donne le pouvoir à ceux qui savent s'en servir. Un bon marketeur sera capable de prendre ce pouvoir, un bon internaute pourra se faire entendre. Le pouvoir est partagé entre ceux qui ont compris comment marchait le mouvement.
Nous sommes passés d'un pouvoir centralisé à un pouvoir distribué, lié aux effets de réseaux qui sous-tendent Internet.
Quel est l'avenir du Web 2.0 ? Va-t-il s'essouffler, se diversifier ?
Je crois que le mot va disparaître. Il regroupe pour le moment des phénomènes de fonds qui sont en train de se forger. A mon avis, on verra apparaître beaucoup plus d'intelligence embarquée dans le Web, mécanique et humaine.
Jusqu'à présent nous étions dans une phase où ce qui comptait, c'était que les machines soient connectées. Maintenant, c'est au tour des hommes. Peu importe comment, peu importe la technique. Ce qui comptera sera l'état, le statut.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas