L'Australie veut plus d'informaticiennes

Par 02 mai 2008
Mots-clés : Smart city

Chez les jeunes filles australiennes, les compétences en nouvelles technologies sont équivalentes à celles des garçons. Pourtant peu d'entre elles sont tentées de faire carrière dans les TIC. Cet état de fait n'est heureusement pas figé.

La nouvelle génération baigne dans les TIC, et pourtant peu de jeunes désirent se spécialiser au lycée dans ce domaine. Et encore moins d'étudiantes. C'est ce qui ressort d'une recherche de trois ans, baptisée "Gender and IT" qui révèle ses premiers résultats aujourd'hui. L'étude menée par le Australian Research Council et portant sur sept cents trente-neuf jeunes filles australiennes rapporte que seulement 13 % d'entre elles indiquent vouloir étudier les nouvelles technologies dans leurs études supérieures. Margaret Vickers, professeur membre de la recherche, rappelle qu'il y a de nombreux préjugés qui voudraient que les femmes n'aient pas les compétences techniques nécessaires pour réussir dans le domaine de l'informatique. "Des a priori renforcés par le fait que peu de femmes enseignent ces matières". Selon elle, il s'agit donc d'un problème d'éducation et de mentalités plus que d'un manque d'intérêt chez les étudiantes.
Des compétences peu exploitées
L'étude démontre en effet que les compétences en informatique sont aussi élevées parmi les garçons et les filles avec 92 % de tous les étudiants tous sexes confondus ayant accès à Internet chez eux, 90 % d'entre eux utilisant un ordinateur pour réaliser leurs devoirs, et 65 % habitués à envoyer des mails. Cependant, les étudiants masculins sont plus enclins que leurs camarades féminines à se considérer comme maîtrisant bien les ordinateurs : plus de la moitié d'entre eux se déclarent "bons en TIC" contre un tiers des filles. Ces dernières sont plus intéressées par des activités comme l'e-mailing ou l'utilisation des messageries instantanées: elles voient l'ordinateur surtout comme un outil créatif de communication. Et Margaret Vickers de souligner que si les filles se font plus remarquer dans les domaines de la communication et du design web, il s'agit de ne pas leur fermer pour autant les autres activités, sous prétexte que les garçons y sont meilleurs. "L'école doit mettre à bas les stéréotypes habituels".
Les filles n'aiment pas seulement la communication
"Ce, en montrant que les filles ont des compétences techniques, et que les garçons ont un intérêt et des compétences pour les activités plus liées à la communication". Et en poussant les étudiantes qui ont un intérêt pour ce domaine à se spécialiser dans les filières TIC. D'un point de vue plus général, selon Margaret Vickers, si le lycée veut encourager les étudiants à s'intéresser aux nouvelles technologies, il doit développer un parcours spécialisé et surtout prendre en compte les capacités des élèves et leur familiarité au quotidien avec ces sujets. "Il y a un fossé entre les tâches informatiques qu'effectuent tous les jours les étudiants chez eux, et celles répétitives qu'on leur laisse faire à l'école" explique-t-elle. Ainsi, les deux tiers des étudiants interrogés estiment apprendre plus en termes de nouvelles technologies chez eux que dans le cadre scolaire. Les étudiants seraient plus motivés par des projets collaboratifs et pratiques et qui seraient directement lié à leurs centres d'intérêt.

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