L'avatar chien apprend de son maître

Par 31 mars 2008
Mots-clés : Future of Retail

Après les avatars humains intelligents, place aux animaux : le chien développé par Novamente imite les mouvements de son maître pour progresser. Intérêt : le rendre capable d'accomplir des tâches pour ce dernier.

Les avatars commencent à penser par eux-mêmes, et doivent donc être éduqués afin d'améliorer leurs capacités de raisonnement. Reste que ces personnages virtuels autonomes, très complexes, ne sont souvent pas prêts de sortir des mains des chercheurs. Le développeur de programmes en intelligence artificielle Novamente souhaite populariser leur utilisation. Il s'apprête à commercialiser un logiciel d'apprentissage IRC (Imitative Reinforcement Corrective) permettant d'éduquer des avatars dans des mondes virtuels comme Second Life. Et le dispositif ne s'attaque pas à des avatars humains, mais à des animaux. Ces derniers disposent de comportements spontanés et d'un caractère individuel, comme un grand nombre de la faune peuplant les univers virtuels. Avec une grande différence : le dispositif d'intelligence artificielle permet de leur apprendre de nouveaux comportements pour lesquels ils n'ont pas été programmés. Ce, grâce à une interaction visuelle entre le "maître" et "l'élève" basée sur l'imitation. Pour fonctionner, le système utilise des méthodes d'apprentissage de psycho-pédagogie.
Imiter pour s'améliorer
L'avatar humain doit en effet expliquer par messagerie instantanée à son animal - ici un chien - qu'il s'apprête à lui enseigner un comportement. Une fois l'attention de l'animal éveillée, le "maître" doit réaliser l'action, comme celle de s'asseoir. Il est alors imité par le chien. Selon les initiateurs du projet, le système est susceptible d'entraîner des erreurs d'interprétation de la part de l'animal, qui peut avoir certaines difficultés à hiérarchiser les différents gestes. Mais ces imperfections se corrigent : l'animal est programmé pour rechercher des éloges de la part de son maître, ce qui le pousse à reproduire une action jusqu'à ce que ce dernier le félicite. Le système permet également à l'animal de développer certains comportements comme réclamer de la nourriture. Selon l'un des responsables du projet, le chien qu'il aurait entraîné serait déjà capable de rattraper une balle et d'exécuter des mouvements relativement difficiles. Le système devrait surtout être utile dans le monde du jeu vidéo : il permettra notamment aux amateurs d'entraîner des équipes animales destinées à combattre dans des environnements comme World of Warcraft.
Jouer à la place du maître
"Les avatars ont pour but de nous épauler en nous permettant d'automatiser un certain nombre d'opérations effectuées sur la Toile et que nous n'avons plus de le temps de réaliser", explique Laurent Landowski, directeur des opérations chez Virtuoz, créateur d'agents intelligents conversationnels. Et d'ajouter : "cela répond à un véritable besoin : de la même manière que nous avons créé le répondeur pour assurer un lien quand nous ne pouvons répondre au téléphone, notre assistant personnel intelligent réalisera plusieurs missions virtuelles à notre place : jouer, chercher des informations…". A terme, l'objectif est de lui faire comprendre le langage naturel, en partie pour lui permettre d'interagir avec les autres avatars. "L'apprentissage du langage naturel reste très complexe : l'avatar doit en effet non seulement comprendre le sens général d'une phrase mais également l'interpréter en fonction du contexte", souligne cependant Laurent Landowski.
Mathilde Cristiani

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