L'avatar comprend l'émotion de son interlocuteur

Par 17 avril 2008
Mots-clés : Smart city

Le système informatique sur lequel travaille le projet Semaine permettra à un avatar de percevoir la charge émotionnelle contenue dans les phrases prononcées par un utilisateur humain. Et d'adapter ses réponses en fonction.

Discuter avec un avatar n'est déjà plus de l'ordre de l'impossible. Mais cette conversation peut vite sembler déshumanisée : l'agent répond en effet automatiquement aux questions, selon les différents programmes qu'il a intégrés. Le projet européen Semaine souhaite donner plus de naturel à ces échanges. Il développe un système informatique capable de percevoir la charge émotionnelle contenue dans les phrases prononcées par un être humain et de répondre en fonction. Le dispositif, représenté par un avatar, sera en effet réactif aux différentes émotions de son interlocuteur humain, visibles à certaines caractéristiques comme le ton de la voix ou l'expression du visage. Pour fonctionner, il devra mettre au point un système d'écoute artificielle sensible (ou SAL pour Sensitive Artificial Listener), capable de percevoir la modification d'une expression, d'un regard ou de la voix, et d'engager une conversation avec l'utilisateur via l'agent conversationnel.
Un avatar sensible
Un tel dispositif implique évidemment l'utilisation de caméras et autres capteurs permettant de mesurer des expressions humaines. "L'un des principes de base de la communication humaine est qu'elle est en partie guidée par l'émotion", explique Roddy Cowie, de la School of Psychology et responsable du projet à la Queen's University. "Quand nous parlons à une autre personne, nos mots sont chargés d'affect, selon que nous aimons ou pas ce que nous évoquons. Le fait que les ordinateurs ne fonctionnent pas comme cela est l'une des raisons rendant difficile la communication orale avec eux", ajoute-t-il. Avantage du programme : l'avatar tiendra compte des différentes émotions perçues. Il aura ainsi la possibilité d'adapter son discours ou les actions qu'il aura été chargé d'effectuer. L'agent conversationnel pourra en effet obtenir un retour en temps réel des émotions ressenties par la machine.
Adapter son discours
Il adoptera alors un ton pertinent et adapter son comportement à celui de l'utilisateur. D'autant que le dispositif, évolutif, pourra apprendre et affiner à chaque discussion sa perception de l'autre. "Aujourd'hui, quand nous nous adressons à une machine, nous adoptons un mode de communication qu'elle est capable de  comprendre. Grâce à ce type de projets, c'est la machine qui s'adaptera au mode de fonctionnement de l'homme", souligne Roddy Cowie. Les applications concrètes ne sont pas évoquées par les chercheurs. Elles sont cependant aisément décelables : mise en place de guides virtuels dans les secteurs du e-learning et des jeux vidéo, déploiement par les entreprises d'interfaces clients embarquant un agent conversationnel, etc. A noter : le projet est mené par le centre de recherche en intelligence artificielle allemand DFKI. Il bénéficie d'une enveloppe de près de trois millions d'euros attribuée par la Commission européenne jusqu'en 2010.

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