L'avenir d'Internet est du côté des appareils mobiles en Indonésie

Par 28 octobre 2009
Mots-clés : Smart city, Asie-Pacifique

Avec 240 millions d'habitants et un taux de pénétration de l'Internet très bas, l'Indonésie est un marché plein de potentiel. Surtout en ce qui concerne le web via les portables.

Les revenus de l’industrie des télécoms indonésiens s’élèvent à plus de 80 milliards de dollars. Un marché qui conserve un potentiel de croissance important dans une industrie en pleine évolution, souligne Frost & Sullivan*. Pour Marc Einstein, consultant pour le cabinet, ce sont les accès depuis des appareils portables qui bénéficieront le plus des changements en cours. "La demande est ainsi plutôt centrée sur les smartphones et les netbooks", explique t-il à L'Atelier. A l’heure actuelle, il y a moins de deux millions de connexions Internet fixes installées pour une population de 240 millions de personnes. Même si le succès des cybercafés fait que 10 % des indonésiens y accèdent.
Le Blackberry, plus vendu que l’iPhone
La demande pour la consultation d’emails ou l’utilisation des réseaux sociaux sur mobiles est très forte", confirme Marc Einstein. "Les opérateurs proposent de plus en plus de services allant dans ce sens". Particularité locale, l’Indonésie est l’un des rares pays où le Blackberry a connu un succès plus important que l’iPhone. Cet engouement offre de nombreuses opportunités pour les entreprises. "Le pays est immense et la demande pour les applications ne peut que croître", veut croire le consultant. Le succès des connexions mobiles aux dépens du fixe peut s’expliquer de plusieurs manières. Premier facteur, la structure du marché des connexions depuis un appareil portable est très différente de celle de l’Internet fixe.
Une overdose d’opérateurs
Le principal fournisseur d’accès au haut débit fixe est géré par PT Telkom, un monopole d’Etat", explique le consultant. "En revanche, le marché des télécoms est extrêmement concurrentiel". Il y a en effet onze opérateurs, un record mondial. L’Indonésie sort tout juste d’une guerre des prix très forte : le coût d’une communication tourne autour d’une roupie la minute (0,0001 €), l’un des plus bas au monde. Une situation que Marc Einstein ne voit pas perdurer : "A un moment ou un autre, il y aura une consolidation : la pression sur les marges est très forte", argumente-t-il. "Sur le long terme, on peut s’attendre à ce qu’il reste six acteurs". Autre facteur explicatif, la géographie du pays. L’Indonésie est en effet constituée de milliers d’îles qu’il apparaît difficile de lier au réseau national.
* Le cabinet organise en novembre prochain le deuxième Sommet International des Télécoms d’Indonésie qui se tiendra à Jakarta.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas