L'avenir ne sourit pas aux groupes de télévisions européens

Par 04 septembre 2008
Mots-clés : Future of Retail, Europe

Le ralentissement du marché publicitaire affaiblit les groupes de télévisions. Ces derniers voient leurs résultats financiers régresser et doivent s'attendre à un amenuisement croissant de leur audience.

Alors que les groupes de télévision des cinq principaux marchés européens sont déjà confrontés à une situation économique morose, avec un marché publicitaire bancal, il semblerait que les années à venir soient toujours plus sombres, prévoit un rapport peu optimiste de Screen Digest. Ce dernier annonce en effet que récession publicitaire, déflation des tarifs, et fragmentation de l'audience devraient se combiner pour ralentir l'activité télévisuelle européenne, déjà mise à mal par le ralentissement économique. Parmi les trois marchés les plus touchés, à côté du Royaume-Uni et de l'Espagne, figure la France. Ainsi, TF1 qui jusqu'à aujourd'hui réussissait à tirer son épingle du jeu, a vu régresser ses résultats financiers avec une baisse d'un peu moins de 5 % de son chiffre d'affaire sur le premier semestre 2008.
Les canaux numériques atténuent la crise
En parallèle le groupe a connu une baisse de près de 4 % de ses recettes publicitaires, qui pourtant représentent les deux tiers de ses revenus. Le tout accompagné par une significative baisse d'audience, en particulier lors des cruciaux prime time. Facteurs d'explication ? Les marques de grande consommation, touchées par la baisse du pouvoir d'achat, ont moins investi sur le marché publicitaire télévisuel. Ce secteur, qui représentait près d'un cinquième des recettes de TF1, a diminué ses investissements de 10 %. Dans une moindre mesure, les autres secteurs clefs du groupe, l'automobile et l'hygiène/beauté, ont réduit eux aussi leurs dépenses sur les chaînes nationales. Reste que le site Internet et les chaînes numériques de TF1 réalisent de bonnes performances d'audience. Et le rapport assure que les groupes doivent miser sur ces nouveaux canaux de diffusion, même s'ils sont eux aussi plus ou moins touchés par le ralentissement du marché publicitaire. Une transition numérique qui devrait selon Screen Digest permettre aux grands groupes d'éviter la crise, ou du moins, d'en atténuer les effets.
France, Espagne et Royaume-Uni
Autre bouffée d'oxygène pour les chaînes privées françaises annoncée par le rapport : la suppression de la publicité après 20 heures sur les chaînes publiques, mesure qui prendra effet en janvier 2009. Et qui devrait réinjecter 250 millions d'euros de recettes publicitaires pour les groupes privés. Pour nos voisins européens, les perspectives sont similaires. Le groupe ITV en Grande-Bretagne a connu une chute de 3 % de ses revenus, malgré un premier semestre 2008 plus optimiste en termes d'investissements publicitaire qu'en 2007. En Espagne, les leaders Telecinco et Antena3, après une période de croissance exponentielle, se font ébranler par la récession publicitaire, l'émergence de nouveaux concurrents et l'imminence de nouvelles régulations du marché publicitaire, plus restrictives. Seuls les groupes RTL en Allemagne et Mediaset en Italie réussissent à maintenir leurs revenus publicitaires.

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