L'e-learning pour faciliter l'accès à l'instruction

Par 16 juillet 2007
Mots-clés : Smart city, Afrique, Europe

La formation à distance prend son envol en Afrique. Les attentes autour de ce modèle sont nombreuses. Mais pour se populariser, il doit trouver les moyens de toucher la population qui n'a pas encore accès à l'informatique...

La formation à distance prend son envol en Afrique. Les attentes autour de ce modèle sont nombreuses. Mais pour se populariser, il doit trouver les moyens de toucher la population qui n'a pas encore accès à l'informatique.
 
L'éducation comme clé du développement, cela n'est un secret pour personne. Malheureusement, celle-ci est encore loin d'être accessible à tous. C'est le cas en Afrique. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), plus de 70% de la population vivait fin 2005 en zone rurale. Cet isolement, joint à la pauvreté, entraîne d'importantes difficultés pour accéder à l'instruction. Dans ce cadre, les méthodes d'e-learning, si elles ne sont évidemment pas la solution miracle, peuvent jouer un rôle conséquent dans l'amélioration du système éducatif.
 
Des cours disponibles sur Internet
 
L'e-learning, qui consiste en la diffusion, par une université ou une école, de cours et de cursus sur Internet, dispose en effet de nombreux atouts. Idéalement, ce système permet de lutter contre l'analphabétisme ou l'incapacité d'accéder à l'instruction ou à la formation. Dans des secteurs où la pénurie d'enseignants se fait sentir, il représente également une solution intéressante. Enfin, sa popularisation stimule l'innovation et constitue un appui au développement. L'Université Virtuelle Africaine (UVA), créée en 1997 par la Banque mondiale, fait partie des pionnières en la matière. Depuis, l'institution, dont le but initial était de lutter contre la crise des Universités, a fait des petits.
 
Des initiatives de plus en plus nombreuses
 
Entre autres, l'IUT Fotso Victor de Bandjoun (Cameroun) propose depuis 2005 une licence d'e-learning au sein du Département informatique. Celle-ci est soutenue par des partenaires tels que l'Agence universitaire de la francophonie (AUF), qui distribue des bourses. Les cours, distribués électroniquement, sont sanctionnés par des évaluations continues en ligne ou sur place, via des centres relais. Toutes ces leçons sont distribuées grâce à des logiciels et serveurs issus pour la plupart du monde du libre, ce qui permet de réaliser des économies et d'apporter plus de souplesse aux utilisateurs. Les enseignants sont issus du Cameroun mais aussi, grâce à un système de tutorat, d'autres pays comme la France, la Côte d'Ivoire ou le Mali.
 
Et les acteurs sont de plus en plus nombreux à se mobiliser autour de ce type de formations. Ainsi, la société ICWE et Hoffmann & Reif ont organisé en mai la deuxième session de la conférence eLearning Africa à Nairobi (Kenya). Lors de cette manifestation, des universités comme celles d'Ibadan au Nigeria, de Tumaini en Tanzanie ou du Western Cape en Afrique du Sud, ont présenté leurs projets et initiatives en cours pour en favoriser l'adoption à l'échelle du continent.
 
Le risque de l'élitisme
 
Le mouvement est enclenché, et promet d'intéressants résultats. Mais cette méthode, si elle est effectivement moins onéreuse et plus pratique qu'un système de formation traditionnel, rencontre un obstacle majeur. En effet, la majorité de la population en Afrique ne dispose ni d'un ordinateur ni d'un accès à Internet. A ce sujet Marcellin Nkenlifack, chef du département informatique à l'IUT Fotso, explique à L'Atelier que l'e-learning "présente effectivement un risque d'élitisme si l'on ne prend pas de mesures spécifiques". Et d'ajouter : "Mais les formations que nous proposons répondent plus aux besoins des professionnels qui désirent se former tout en préservant leur emploi, et qui disposent donc en général des moyens pour payer leur formation".
 
Ce nouveau format éducatif, au potentiel très important, demande donc encore la mise en place d'infrastructures pour se développer et toucher un plus grand nombre de personnes. Le chantier a déjà commencé. Ainsi, à l'IUT de Bandjoun, "l'AUF donne des bourses aux meilleurs étudiants et offre ses campus numériques pour faciliter la tâche à ceux qui n'ont pas un poste de travail avec un accès à Internet [...]. Nous intégrons de plus en plus les nouveaux outils M-Learning (SMS, WAP...) pour pouvoir accéder à certaines données de manière instantanée via le téléphone".
 
Mathilde Cristiani, pour L'Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 16/07/2007)

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