Leclerc expérimente la distribution électronique.

Par 03 mai 1999

Selon Michel-Edouard Leclerc, le patron du groupe de distribution, "on ne sent pas aujourd'hui de demandes pressantes des consommateurs pour le commerce en ligne" alors qu'aux Etats-Unis, il existe ...

Selon Michel-Edouard Leclerc, le patron du groupe de distribution, "on ne
sent pas aujourd'hui de demandes pressantes des consommateurs pour le
commerce en ligne" alors qu'aux Etats-Unis, il existe déjà beaucoup de
supermarchés virtuels. Le groupe a néanmoins ouvert trois chantiers.
Un site web Leclerc sera ouvert pour commercialiser des produits lourds et
encombrants. Une première expérience a été réalisée à Noël pour des
jouets, des billards, des baby-foot "qui prennent une énorme place dans
les magasins ou les entrepôts". En allant prélever directement les
produits chez le fournisseur, Leclerc peut assurer la prise de commande et
la livraison. Toutefois, la chaîne de logistique, que le groupe ne
maîtrise pas totalement, fera la différence de prix entre Leclerc et les
sociétés de VPC disposant de tarifs intéressants avec la Poste.
Une expérience de vente à domicile, lancée à Bordeaux, s'est soldée par un
échec. Cet échec s'explique selon lui par le fait que "l'hypermarché reste
un espace de convivialité, de relations sociales. En France, les plus
grandes sociétés de vente à distance ne font pas le chiffre d'affaires de
notre plus petit supermarché".
Plus avancé et mieux maîtrisé, le second chantier concerne l'utilisation
de catalogues électroniques disponibles en magasin sur des bornes
interactives pour accompagner la vente, la sécuriser ou enrichir une
offre.
Le troisième chantier a débuté par des bornes électroniques. A l'avenir,
le client pourra tout aussi bien consulter l'offre de chez lui, via
l'Internet. Cette borne permet d'accéder à un magasin virtuel dans lequel
on propose une offre élargie de produits. Ce type de borne sera installé
dans de nombreux magasins plus petits afin qu'ils puissent rivaliser avec
les hypermarchés "Les petits magasins pourront avoir une offre d'hyper et
les hypers celle d'un magasin spécialisé. C'est une révolution. Le
généraliste va pouvoir devenir spécialiste".
Les consommateurs vont pouvoir, avec Internet, se doter de logiciels
sélectionnant pour eux les meilleurs offres dans le monde entier, ce qui
remettra en cause le monopole de proximité.
(Libération - 30/04 - 1er-2/05/1999)

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