L'Egypte fait reculer le piratage de logiciels

Par 16 juin 2008
Mots-clés : Smart city, Afrique

Comme dans la plupart des pays émergents, les software égyptiens sont confrontés à la falsification et la copie. Néanmoins, la politique de lutte menée par le gouvernement semble porter ses fruits.

Le piratage de logiciels est un problème essentiel dans les marchés en développement, où l'adoption rapide du matériel informatique et d'Internet entraînent ces fraudes. Une difficulté d'autant plus difficile à combattre dans ces pays où les infrastructures institutionnelles sont faibles, et les utilisateurs peu sensibilisés à la question. Reste que l'Egypte a su se faire remarquer, et obtenir de bons résultats dans sa lutte pour la protection de ses logiciels. Selon l'étude "Global Software Piracy Study" menée par BSA et IDC, l'Egypte a ainsi fait chuter en 2007 son taux de piratage à 60 %, soit une amélioration de 3 % par an depuis la dernière enquête. Ce qui positionne le pays sous la moyenne du taux de piratage mondial, à savoir 61 %.
Des accords avec les fournisseurs de software
Ces résultats sont dus à l'action conjuguée du ministère des technologies de l'information et de la communication et de l'ITIDA (Information Technology Industry Development Agency). "Nous avons été proactifs en Egypte pour nous attaquer à la situation", indique le Dr Tarek Kamel, ministre des technologies de l'information et de la communication. "Depuis le début des années 2000 nous avons passé des marchés avec les fournisseurs de logiciels, afin qu'ils fournissent le gouvernement, ainsi que l'éducation, ce qui a contribué à faire chuter les taux de piratage". Des efforts qui ont été porteurs. Le pays a également renforcé ses initiatives en termes de protection des droits à la propriété intellectuelle.
Des perspectives optimistes
"Il reste des progrès à faire, mais le pays est en bonne voie", assure Hazem Abdelazim, directeur de l'ITIDA. Ainsi, selon le rapport, une baisse de dix points du taux de piratage en Egypte dans les dix années à venir aurait des conséquences très positives pour la croissance du pays. Les auteurs de l'étude avancent les prévisions suivantes : création de près de 2 000 emplois supplémentaires, croissance de 150 millions de dollars pour le secteur, et 8 millions de dollars de revenus pour l'Etat grâce aux taxes gouvernementales. A noter : la lutte contre le piratage a été récompensée par la Banque Mondiale, qui a nommé l'Egypte "meilleur pays réformateur" en 2007.

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