L'élève doit créer lui-même les technologies qui lui sont vouées

Par 24 octobre 2008
Mots-clés : Smart city

Compréhension en amont des besoins utilisateurs = technologies plus performantes. Voilà la théorie que Futurelab souhaite voir adoptée au monde de l'enseignement.

On sait déjà qu'en mettant à disposition de tous une mine d'informations, Internet peut aider à réduire les inégalités socio-culturelles entre élèves. Une étude réalisée par Futurelab et intitulée "Designing for Social Justice : People, Technology, Learning" souligne toutefois que ces mêmes élèves sont trop souvent mis à l'écart de la conception des outils technologiques pourtant censés leur apporter de l'aide. Autrement dit, le milieu éducatif rechigne encore à reconnaître l'expertise des utilisateurs de plates-formes ou de logiciels éducatifs. "Trop souvent, ces moyens d'apprentissage sont élaborés sans que soit pris en compte ceux à qui ils sont destinés, à savoir les élèves", explique Lyndsay Grant, la chercheur en science de l'éducation qui a réalisé l'étude. "Résultat : de tels outils ne sont pas aussi efficaces qu'ils pourraient l'être pour faire baisser l'échec scolaire".
Prendre en compte l'expertise des utilisateurs
"Pour ce faire, il faudrait systématiquement faire participer des étudiants à leur élaboration Procéder de la sorte permettrait en effet de s'assurer que les ressources éducatives répondent bel et bien à leurs besoins et aspirations. Ce n'est par exemple qu'en associant les élèves en difficulté à la création de ces solutions qu'on peut s'assurer qu'ils les utiliseront par la suite. "Au contraire, une solution qui n'aurait été pensée qu'abstraitement par des adultes est facilement ressentie par l'élève comme quelque chose qu'on lui impose". Et donc dont il pourra refuser de se servir, se dispensant ainsi de moyens de réussite scolaire. "Quand un groupe de personnes qui a des problèmes est identifié, la tentation est forte de lui fournir une solution dont on croit sans le leur avoir demandé qu'elle réglera tout".
Des problèmes identiques dans le monde de l'entreprise
Lindsay Grant montre pourtant qu'il vaut mieux se concentrer sur ce que ces élèves savent faire plutôt que sur ce qu'ils échouent à faire. Et donc se servir des leurs compétences pour créer des supports pédagogiques qui leurs soient adaptés. "Il ne s'agit pas d'ignorer l'expertise et la connaissance du corps enseignant. Celles-ci sont indispensables. Mais plutôt de créer un nouveau dialogue entre eux et les utilisateurs". Si l'étude de notre chercheur est polarisée sur l'enseignement, elle s'applique à bien d'autres domaines, comme par exemple l'élaboration d'outils 2.0 dans le monde de l'entreprise. Là encore, leur développement doit se fonder sur une logique itérative prenant en compte les desiderata des cadres.

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