L'emprunt de livres fait entrer dans Second Life

Par 20 mars 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

La modélisation en 3D d'une bibliothèque permet de surveiller avec précision les emprunts et les mouvement des livres dans le bâtiment réel : les livres dotés d'une puce RFID sont suivis à la trace.

Contrôler la gestion des données et des stocks dans les bibliothèques : tel est l'objectif des étudiants chercheurs de la ETH Zurich Computer Science. Ces derniers ont investit Second Life afin d'y recréer une bibliothèque virtuelle en relation étroite avec le monde réel. Pour connecter ce réel les livres ainsi que les cartes des utilisateurs ont été au préalable taggés avec des étiquettes RFID (authentification par radio fréquence). Des récepteurs captant les signaux émis ont été ensuite installés sur les étagères, au comptoir et à la sortie. But de la manoeuvre : observer les mouvements des livres. Ce système permet de retranscrire et d'observer les problèmes quotidiens rencontrés par une bibliothèque afin de les résoudre plus facilement. Il détecte ainsi les difficultés les plus routinières : vols de livres, oublis de restitution, problèmes de référencement, etc. Le système repose sur une architecture en trois couches, qui permet de retranscrire le fonctionnement de la bibliothèque.
Second Life résout les problèmes réels
La première couche et la plus importante, est celle de l'acquisition des données. Elle interagit avec les tags RFID des livres et des cartes de bibliothèque. Les antennes électroniques lisent ces données (tel livre a été emprunté à telle heure, etc.), les compressent puis les stockent. La seconde couche analyse ces données collectées, et y détecte les informations importantes : par exemple un vol, ou un livre mal rangé.  Le système déclenche alors l'alerte ou l'action la plus appropriée au problème repéré. Enfin, la base de données se met à jour, ce qui active la troisième couche, la visualisation. C'est le processus qui permet de modéliser l'ensemble des informations et qui donne la possibilité à l'internaute de voir le résultat en 3D sur Second Life. Afin de les traiter au mieux deux méthodes de récupération des données sont possibles ; la première consiste à récupérer des réponses envoyées à intervalles réguliers par les tags. La seconde repose sur une capture des données s'enclenchant seulement quand l'information transmise change.
Une interface web complémentaire
Autre clef du système : faire en sorte que les données du monde réel soient retranscrites et visibles dans Second Life. L'architecture habituelle de SL détecte les changements de position des objets depuis l'intérieur de l'environnement. Chaque objet a ainsi son propre script inscrit dans le langage de programmation. Or ce programme n'est pas capable de capturer toutes les traces des livres contenus dans la bibliothèque ainsi que tous les mouvements qui s'y déroulent. C'est pourquoi les étudiants chercheurs ont du créer une interface web supplémentaire, afin de compléter le visualiseur de Second Life. Cette interface permet ainsi aux visiteurs virtuels de gérer eux-mêmes leur compte en temps réel : où en sont leurs emprunts, quelle est la date limite de restitution, etc. Pour les bibliothécaires, c'est un système de surveillance qui prend le relais. Ce dispositif pourrait aussi être adopté par d'autres applications de gestion de données basées sur RFID, dans le management de chaînes logistiques par exemple.

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