L'entreprise a-t-elle un droit sur les traces numériques des salariés ?

Par 20 mai 2009
Mots-clés : Smart city

Face à la popularité des réseaux sociaux auprès de leurs salariés, les employeurs aimeraient leur dicter leurs activités en ligne. Cette démarche ne suscite évidemment pas l'adhésion.

La majorité des entreprises estime avoir le droit de savoir quelle image les salariés donnent d'eux et de leur entreprise sur les réseaux sociaux, déclare Deloitte LLP Ethic & Workplace dans une étude. Un constat loin de convenir aux salariés, surtout les plus jeunes. Ces derniers ayant généralement une activité sur Internet plus importante que leurs aînés. Plus de la moitié d'entre eux rappelle que leur vie en ligne ne concerne pas leur employeur. Malgré cette protestation, ils reconnaissent presque unanimement que la généralisation de la présence des individus en ligne accentue les risques pour une société de voir sa réputation endommagée.
Un acte individuel aux conséquences collectives ?
"Alors que la décision de poster une vidéo, une image, des pensées ou rapporter des observations sont des actes personnels, un seul de ces actes peut avoir en même temps un impact éthique sur l'entreprise", explique Sharon Allen, responsable du département. Le rapport rappelle du coup la nécessité d'informer les dirigeants des risques associés que ce monde connecté fait émerger. Ce, afin de les aider à mettre en place des modules de gestion du risque ou de définir des lignes de conduite.
Des salariés peu concernés
Environ un responsable sur cinq interrogé annonce déjà mener ce type de démarche dans son organisation. Autant d'efforts qui pourraient cependant ne pas avoir d'impact véritable auprès des salariés. Ils sont près de la moitié à avouer que de telles précautions prises par leur entreprise n'influenceront pas leurs habitudes sur les réseaux sociaux. "De tels faits montrent à quel point les marques sont vulnérables face à l'usage grandissant des réseaux sociaux", conclut l'analyste.

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