L'épée de Damoclès du web 2.0 américain

Par 19 mars 2008

Les sites surfant sur le web collaboratif et centrés sur les contenus des internautes ont capté près de deux fois plus d'investissements en 2007 que l'année précédente. Mais ils ne sont pas à l'abri d'un revirement en 2008.

Mettre de l'argent dans les sociétés web de deuxième génération est un investissement peu coûteux qui semble attirer toujours autant de financeurs. Pourtant l'année 2008 pourrait marquer un tournant pour les sites de réseautage, de contenu crée par l'utilisateur et de collaboration basés sur des revenus publicitaires. A l'occasion de la parution de statistiques financières concernant le secteur, Jessica Canning, directrice de recherche pour Dow Jones Venture Source a indiqué : "l'avantage de ces sociétés est qu'elles peuvent faire beaucoup [de bruit, Ndlr] avec très peu. Le ralentissement économique couplé à une baisse des taux de clic pourrait bien constituer un grave problème en matière de capacité à générer des revenus".
Une année 2007 sous le signe du dynamisme
Un constat qui incite à la prudence alors que la plupart des compteurs sont au vert. Les investisseurs ont ainsi misé plus de 1,3 milliards de dollars sur ce pan de l'activité web, près de 90 % plus qu'en 2006. Mais il faut le dire : l'arbre Facebook cache la forêt. Le réseau social capte une part colossale de l'investissement dédié aux activités web 2.0 aux Etats-Unis. C'est près du quart de l'ensemble de la manne consacrée au acteurs du web 2.0 que le site a attiré à lui en 2007, soit une levée de fonds équivalent à 300 millions de dollars. Un chiffre conséquent, représentatif d'un secteur qui a largement battu son propre record en matière d'investissements l'an passé, indiquent les dernières statistiques du Dow Jones Venture Source.
Moins bien dans "la Baie"
Si la somme globale engagée semble avoir littéralement explosée en 2007, Dow Jones relève d'ores et déjà un léger ralentissement de l'augmentation des accords passés dans le secteur. Au nombre de 178 l'an passé, ces opérations avaient progressé de seulement 25 % par rapport à 2006, alors que celles-ci enregistraient un taux de croissance de 50 % l'an sur la période 2002-2006. Des accords nouveaux essentiellement passés hors de la Baie de San Francisco, "terreau fertile" originel dudit web 2.0. "Avec une baisse de 3 % du nombre de deals réalisés dans la Baie, il est clair que la véritable croissance du secteur se fait ailleurs", indique Jessica Canning. A noter : Microsoft s'est illustré comme le plus important investisseur, contribuant à hauteur de 240 millions de dollars à la manne engrangée par Facebook.

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