L'équilibre d'un réseau dépend parfois d'un seul individu

Par 15 février 2012
Mots-clés : Smart city, Europe
Social Networking Teamwork

Afin d'assurer la stabilité et éviter les tensions au sein d'un réseau social, qu'il soit virtuel ou non, il serait nécessaire de garder un comportement collaboratif.

La stabilité d'un réseau social pourrait être modifiée par les choix individualistes d'un seul de ses membres. C'est ce qu'affirme un groupe de chercheurs du Centre de recherche en mathématiques et informatique d'Amsterdam. En effet, l'adoption d'une stratégie ou d'un produit nouveau par l'un des membres d'un réseau social pourrait avoir des répercussions - et parfois défavorables - sur lui même et sur l'ensemble du réseau. Cela viendrait troubler, ce qu'on appelle dans la théorie des jeux, l'Équilibre de Nash. Ce point de stabilité est atteint grâce à la collaboration de chacun des membres d'un réseau, sans que ceux-ci n'aient à modifier leurs stratégies ou à affaiblir leur position actuelle.

Interdépendance et paradoxe

Pour aboutir à cette conclusion, les chercheurs se sont appuyés sur deux constatations. La première est que les membres d'un réseau social, virtuel ou réel, sont souvent influencés dans leurs choix stratégiques ou dans le choix de produits (par exemple, les fournisseurs de téléphonie mobile) par leurs connaissances et amis. Il existe donc un phénomène d'interdépendance entre les membres du réseau. La seconde est liée au paradoxe de Braess. Cette théorie, s'appliquant généralement au trafic routier, stipule que lorsque l'on propose plusieurs routes différentes aux usagers, on remarque que le temps de trajet de ceux-ci augmente. Cela impliquerait que confrontés à plusieurs options, les membres d'un réseau s'éparpillent et deviennent moins productifs. Il suffit donc qu'un seul d'entre eux choisisse un nouveau produit pour que les autres en soient perturbés.

Les nombreuses applications de la théorie

Selon Krzysztof Apt, co-auteur de l'étude, cette théorie pourrait être appliquée dans de nombreux secteurs. "On peut en effet constater un tel principe de diffusion dans le cas d'entreprises d'un même secteur choisissant un opérateur internet, un programme antivirus ou un fournisseur", explique-t-il. Mais pas seulement. Celui-ci pourrait avoir un réel intérêt aussi bien du point de vue de la sociologie, que de l'économie ou des sciences informatiques. Il pourrait également aider les chercheurs en épidémiologie à mieux comprendre et à prévenir la diffusion des virus.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas