L'étude d'un fragment de réseau renseigne sur son étendue

Par 06 mai 2011
Puzzle Réseau social

Passer par l'étude d'échantillons et les assembler permet d'avoir une idée assez exhaustive des caractéristiques d'un tel système. Cela notamment au niveau de la vitesse de propagation des informations.

Dans la recherche sur les réseaux sociaux, les scientifiques construisent de manière artificielle des réseaux pour tester leurs caractéristiques. Cela parce qu'il leur est impossible d'avoir une idée exhaustive de la structure d'un réseau réel, qui peut être immense. Ali Jadbabaie, chercheur et membre senior de l'IEEE et son confrère, Victor M. Preciado expliquent  à L'Atelier que "la  méthode habituelle est biaisée : les tests effectués donnent des résultats faussés car on oriente la structure des réseaux artificiels en fonction de ce qu'on cherche à tester". En partant du principe, du coup, que chercher la relation entre la structure d'un réseau et sa performance (comprenant par exemple la vitesse de propagation des informations) sur des réseaux artificiels n'est pas idéal, les chercheurs ont développé une approche qui exploite les interfaces existantes et basée sur le principe du puzzle.

Comme un puzzle

Pour eux, "les petits bouts de réseaux que nous connaissons sont comme des pièces de puzzle que nous avons en main, et les mathématiques nous aident à les assembler". Cela leur permet par exemple de tester la vitesse de diffusion d'une information entre les différentes connexions de manière plus fidèle à la réalité. Pour cela, ils utilisent la théorie des graphes, afin de comprendre les connexions externes d'un réseau en analysant l'aspect local d'une communauté, et donc d'avoir une idée des pièces voisines à celles que nous connaissons. Ils utilisent ensuite ce qu'ils appellent l'optimisation convexe - une méthode de calcul très performante - pour rassembler les pièces, afin d'avoir une idée de la structure d'un réseau proche de la réalité.

Application

"Cela permet de comprendre un réseau, d'appréhender son comportement et de tester ses caractéristiques", rajoute Ali Jadbabaie. Jusque là, ils ont réussi à tester la vitesse de diffusion de l'information, un élément plus qu'intéressant pour les marketeurs qui souhaitent faire du buzz comme sur Facebook, où l'étendue des connexions des individus est parfois immense. A l'avenir, l'optimisation de ces recherches permettra de comprendre quelles sont les personnes les plus influentes, grâce à une analyse fine des nœuds des réseaux.

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