L'explosion de la vidéo en ligne menace la publicité !

Par 18 novembre 2008

Pour amortir leurs investissements, les fournisseurs d'accès songent à limiter la bande passante allouée à leurs clients. Conséquence : ces derniers visionneront moins de réclames basées sur du multimédia.

Si l'essor du trafic Web est à première vue une aubaine pour les annonceurs, une telle opportunité ne va pas de soi pour autant, notamment dans le cas des vidéos publicitaires. Comme le soulignait récemment une étude parue chez eMarketer intitulée "The Bandwidth Debate : Video and Net neutrality", le développement exponentiel de contenus riches nécessite des capacités réseaux de plus en plus importantes. Or les fournisseurs ne souhaitent pas supporter seuls les investissements d'infrastructure nécessaires à la consolidation de leurs réseaux. Ils pourraient donc être tentés de limiter l'allocation de bande passante à leurs abonnés. Si c'était le cas, ces derniers y réfléchiront sans doute à deux fois avant de visionner des publicités en ligne, celles-ci consommant elles-mêmes beaucoup de bande passante.
Partenariat MGM / YouTube
"Le développement de contenus vidéos en haute définition, que ce soit des émissions de télévision ou des films, n'en est qu'à ses prémisses", explique David Hallerman, l'auteur du rapport. Ce dernier cite notamment l'accord passé récemment entre les studios Metro Goldwyn Mayer et YouTube en vertu duquel la plate-forme de partage de vidéos pourra proposer gratuitement et en intégralité des émissions TV et des films produits par la major hollywodienne. Ce, en échange de bannières vidéos publicitaires en pré-roll ou pendant le visionnage. Des accords de ce type soulignent à quel point la vidéo pourrait, à l'avenir, être le facteur principal d'engorgement des réseaux. Selon Cisco Systems par exemple, la vidéo génère actuellement plus de trafic aux Etats-Unis que celui produit en 2000, tous types de contenus confondus.
Répercussions sur le prix et la qualité des services
Bref, la prolifération de la vidéo menace le modèle d'affaires des fournisseurs d'accès à Internet. "Il ne serait donc pas étonnant qu'ils répercutent le coût des améliorations réseaux nécessaires à ce boom de la vidéo sur le prix et / ou la qualité de leurs services". Les FAI pourraient être tentés de fournir des connexions moins rapides. Ils pourraient également demander à leurs clients de payer des charges supplémentaires pour disposer d'une meilleure part de bande passante. "Mais si tel est le cas, ces deniers hésiteront parfois à visionner de lourds fichiers vidéos". Cela pourrait constituer un gros manque à gagner pour les annonceurs publiant sur de tels supports. "Et même s'ils décident de regarder tel ou tel film, les utilisateurs seront moins réceptifs au message publicitaire, pensant surtout qu'il consomme une partie de la connexion dont ils disposent".

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