L'hétérogénéité de ses membres fait la pérennité d'une communauté

Par 09 mars 2010

Pour qu'un site de collaboration dure sur le long terme, il est important qu'un renouvellement des personnes inscrites s'opère régulièrement. Cela afin de favoriser l'émergence d'idées nouvelles.

Le principal facteur décidant des chances de survie dans la durée d'une communauté sur Internet est l'hétérogénéité de ses membres, expliquent dans une étude des chercheurs de l'université d'Haifa et de l'Institut de Technologie du New Jersey. Ce qu'ils appellent "hétérogénéité" correspond en fait à l'arrivée régulière de nouveaux inscrits... Et également au départ de membres plus anciens. "Ce qui compte, c'est le renouvellement des idées, qui passe par le renouvellement des hommes", confirme à L'Atelier Bertrand Duperrin, consultant au sein de Nextmodernity. "Dans une réunion réelle, si personne n'a rien à ajouter, chacun rentre chez soi. En ligne c'est pareil, l'intérêt de la communauté diminue et elle dépérit". Jusqu'à présent, les recherches s'étaient focalisées sur la taille de la communauté et l'activité de ses membres.
Un mécanisme qui s'applique aux communautés professionnelles
Les résultats de cette étude semblent démentir cette assertion puisque le nombre de participants et la proportion de membres "actifs" n'ont pas pu être corrélés avec une meilleure chance de survie de la communauté. Des résultats qui peuvent s'appliquer aux communautés professionnelles. "Le mécanisme est le même pour les sujets professionnels", explique Bertrand Duperrin. "On a quelques piliers qui donnent une caution intellectuelle ou morale à la communauté, et autour le groupe se régénère". Dans tous les cas, pour que la communauté dure dans le temps et pour attirer de nouveaux participants, le consultant rappelle que le sujet doit être pertinent. "Il faut aussi que les contenus proposés le soient au regard de ce sujet", explique-t-il.
Communiquer sur les résultats concrets de la communauté
"Surtout, il faut des résultats, que les membres tirent un bénéfice quel qu'il soit à participer". Pour lui, rien n'est pire et plus démotivant pour les participants que d'avoir l'impression de parler dans le vide. Il appartient donc aux entreprises de communiquer sur les résultats concrets de leurs communautés. "A ce moment là, une dynamique peut se mettre en place", conclut-il. Pour réaliser leur étude, les chercheurs se sont intéressés à un échantillon de près de trois cents chaînes de chat créées durant le même mois. L'étude s'est poursuivie durant six mois après la création. Une communauté était considérée comme "morte" lorsque aucune activité n'était à signaler quatre semaines durant.

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