L'homophilie peut-elle freiner les dynamiques de réseau?

Par 20 septembre 2010 1 commentaire
Homophilie negative

Sur les plates-formes collaboratives, la tendance d'un membre à s'associer aux individus qui lui ressemblent cause des interférences dans les modèles visant à prédire la diffusion de l'information, et peut scléroser le réseau.

Si le concept d'homophilie - les personnes qui se ressemblent ont de fortes chances de se rassembler - peut jouer de façon positive sur les dynamiques des réseaux sociaux, il est également à l'origine d'interférences sur les mécaniques relationnelles, notent deux chercheurs des universités de Georgetown et du Michigan. Ils publient une étude dans laquelle ils démontrent que cette tendance des internautes à se rapprocher sur les plates-formes sociales en fonction des goûts qu'ils partagent engendre parfois des effets négatifs sur les relations. Cela peut amener certains à rester avec un groupe restreint de personnes "semblables". Ou, autre cas de figure, deux individus qui étaient auparavant proches peuvent, en évoluant chacun de leur façon, en venir à se séparer par la suite, et à rompre purement et simplement leur relation.

Les logiques affinitaires rendent difficile toute anticipation

Selon les chercheurs, cela rend particulièrement difficile l'estimation de l'influence causale sur les sites collaboratifs. "On retrouve ce type de mécaniques dans les réseaux sociaux d'entreprise", explique à L'Atelier Damien Douani, responsable des communautés chez BlueKiwi. "Mais il faut noter quelques différences majeures", précise-t-il. "Dans les logiques de réseaux professionnels, l'intégration d'un salarié dans un groupe correspond à une validation managériale, qui vise à encourager l'activité réelle et productive des acteurs de l'entreprise", développe-t-il. Ainsi, selon le spécialiste, il s'agit d'une logique beaucoup plus fonctionnelle qu'affinitaire. Cette première différence corrige certains écueils de l'homophilie. "La deuxième différence majeure, qui nuance également ce phénomène, c'est la présence de community managers sur les plates-formes collaboratives professionnelles", souligne-t-il.

Favoriser les méta-connexions

Ceux-ci sont là pour impulser des dynamiques, pour irriguer les mécaniques de travail. Dans l'étude, les scientifiques mettent en lumière les risques de voir certains groupes se fermer sur eux-mêmes. "Nos résultats indiquent que l'homophilie dans la rétention d'amitié introduit des biais significatifs", expliquent-ils. Le principal : ces membres perdent contact avec les autres groupes du réseau. En entreprise, des distanciations sont aussi possibles, liées aux mouvements à l'œuvre au sein de l'institution : "si l'on change de service, si l'on cesse de travailler sur un projet, s'il y a une réorganisation des groupes de travail, des connexions peuvent se briser", note le spécialiste. "C'est la raison pour laquelle il faut renforcer les méta-connexions, les nuages de tags, les passerelles entre les secteurs d'activité", conclut-il.

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1 Commentaire

Bonjour,
Pourriez-vous m'indiquer les références de la recherche à laquelle vous faites allusion ou le nom des chercheurs. Je suis moi même chercheur.
Cordialement,
C. Viot

Soumis par Catherine Viot (non vérifié) - le 06 juillet 2011 à 15h43

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