L'identification biométrique entre désormais dans les entreprises.

Par 19 septembre 1997

Jusqu'ici la biométrie était utilisée pour sécuriser les accès de centrales nucléaires ou de bases militaires. Ses usages se multiplient aujourd'hui. Les besoins de sécurisation et de reconnaissanc...

Jusqu'ici la biométrie était utilisée pour sécuriser les accès de
centrales nucléaires ou de bases militaires. Ses usages se multiplient
aujourd'hui. Les besoins de sécurisation et de reconnaissance, vis-à-vis
d'interlocuteurs ou de clients invisibles et dispersés se sont accrus avec
l'informatisation rapide de la société et le développement des réseaux.
Les codes d'accès, mots de passe ou numéros identifiants se sont ainsi
multipliés, mais aucun chiffre n'est jamais absolument sûr. Pour remplacer
les mots de passe, on teste actuellement l'iris, la forme du visage, la
voix, l'odeur. Servant déjà de support pour sécuriser l'accès à des sites
sensibles, l'iris de l'oeil est actuellement testé sur des automates
bancaires et autres bornes interactives. Le système IrisDent est installé
par une société américaine, Sensar, pour 4 000 dollars par automate. Si ce
système procure un très haut degré de sécurité, plusieurs essais sont
parfois nécessaires, le faisceau de lumière dans l'oeil peut être
incommodant. L'empreinte digitale remplace déjà les mots de passe
informatique, lors de l'accès à des locaux ou en cas de contrôle de
l'identité de bénéficiaires de prestations sociales. Elle est testée aux
frontières et dans les aéroports pour les contrôles. D'un coût très
faible, elle n'est pas mobile et son image policière entraîne des
réactions de rejet. Un kit prêt à l'emploi, le FingerShip, vient d'être
lancé par TCS, filiale de Thomson CSF. Après les empreintes digitales, on
passe à la géométrie de la main. Cette technique est opérationnelle dans
les centres d'immigration des aéroports de New York, de Los Angeles, de
Toronto, ainsi qu'à la centrale de Tchernobyl depuis 1996. Des banques,
des supermarchés et des centres sociaux testent également cette technique.
Pour différencier les individus, une série de dix paramètres enregistrés
suffit, mais son aspect policier, comme pour l'empreinte digitale, est une
cause de rejet. Testé en Europe, le système Vein Check est fondé sur la
comparaison des veines du dos de la main. Une société américaine,
Neurodynmacis s'est lancé dans la reconnaissance faciale. Le visage est
numérisé en trois dimensions et comparé à une base de données. Ce type de
technique utilise les "réseaux de neurones", ces systèmes d'intelligence
artificielle qui imitent la logique cérébrale. Opérationnel dans des
services bancaires, le système est testé pour la vérification d'identité
dans des administrations. Discret, moins agressif que le rayon lumineux
dans l'iris de l'oeil, son traitement exige néanmoins de puissants moyens
informatiques. Une chaîne d'encaissement de chèques au Texas en a déjà
équipé son réseau. D'autres pistes de recherche s'intéressent à d'autres
caractéristiques de l'individu, moins visibles. La voix à l'avantage
d'être identifiable à distance, grâce au téléphone. Cependant le timbre
vocal est encore trop "parfait", l'identification peut être rendue
difficile dans le cas d'un simple rhum. La "signature olfactive" a fait
l'objet d'études, mais les capteurs capables d'analyser les odeurs sont
encore trop peu sensibles. Il existe aussi la carte d'identité
"bioélectronique". Ainsi VeriTouch développe une carte à puce sur laquelle
est "scellée" l'empreinte digitale de l'usager, ainsi qu'un lecteur doté
d'un scanner. Ce dispositif d'authentification peut être connecté à
n'importe quel système informatique.
D'ici cinq ans, le marché des systèmes d'identification en Europe, y
compris numériques, devrait tripler et atteindre en 2001, 5,8 milliards de
dollars (1,8 milliard en 1994). Bien que la part des procédés biométriques
soit encore faible (prévision de 133 millions de dollars en 2001), elle
devrait croître très rapidement avec notamment le perfectionnement des
tests de fiabilité. C'est l'objet du projet européen Biotest, dont les
partenaires français sont le Cnet et Morpho Systems.
(Dossier de deux pages - l'Expansion - 11 au 24/09/1997)

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