Pour limiter les chutes, les capteurs font corps avec le patient

Par 07 janvier 2010
Mots-clés : Smart city, Europe

SensAction-AAL travaille sur un dispositif portable qui embarque accéléromètre et gyroscope pour analyser la mobilité d'un individu. En cas de chute grave, un SMS ou un e-mail est envoyé directement au praticien.

Des systèmes comme Angelis déploient déjà des réseaux de capteurs aux domiciles des personnes âgées pour s'assurer qu'elles sont en bonne santé. Le projet SensAction-AAL propose d'embarquer ces mêmes dispositifs directement sur la personne. Le but : évaluer la progression de l'état d'un patient mais aussi détecter tout problème de mobilité et prévenir les risques de chute. Ses fondateurs ont ainsi mis au point un appareil portable sans-fil truffé de capteurs de mouvement – accéléromètre, gyroscope – et qui se porte à la taille. L'appareil est connecté via Bluetooth et le protocole Zigbee à un serveur sécurisé. Ce dernier étant lui-même relié à l'ordinateur de l'utilisateur et de son praticien. Un logiciel embarqué analyse les gestes en fonction de paramètres enregistrés et de ce qu'il connaît de la mobilité de l'utilisateur.
Identifier une chute grave
Il est ainsi capable d'identifier si une chute est de gravité mineure ou s'il est nécessaire d'envoyer du secours. Un SMS ou un e-mail est alors envoyé automatiquement au corps médical qui suit le patient. Sur le long terme, le système vise à renseigner les médecins sur l'autonomie de la personne, mais aussi détecter en amont des changements dans sa capacité à se mouvoir. Changements susceptibles d'être annonciateurs d'autres problèmes de santé. « Disposer de telles informations aidera la communauté médicale à mieux comprendre ce qui provoque une chute et ce qui se passe avant, pendant et après celle-ci », note Lorenzo Chiari, chercheur à l'université de Bologne, qui participe au projet. « Ce, afin d'améliorer les systèmes de soins préventifs », ajoute-t-il. Enfin, le dispositif pourra être utilisé pour aider un individu en convalescence dans ses exercices quotidiens.
Un système en voie de commercialisation
Les chercheurs expliquent ainsi que l'appareil peut par exemple être couplé à des actuateurs répartis sur le corps de la personne et qui vibrent pour le guider à améliorer sa posture. Autre piste : « Il sera possible de combiner le système à un lecteur MP3 et de proposer à la personne d'écouter de la musique en s'entraînant. Si ses mouvements ne conviennent pas, le son se distordra ou baissera de volume », explique Lorenzo Chiari. Le projet a été initié en 2007. Une première mouture de l'appareil portable est désormais en voie de production par McRoberts, l'un des partenaires de SensAction-AAL.

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