L'industrie américaine mise sur les machines intelligentes

Par 18 mars 2008

Outre-atlantique, l'Etat fédéral fait le pari d'une industrie intelligente et intégrée pour développer la compétitivité de son secteur manufacturier. Un objectif qui passe notamment par l'autonomisation des équipements.

"Améliorer la productivité et la compétitivité des Etats-Unis à travers une stratégie de recherche scientifique et d'ingénierie dans le domaine des technologies de l'information". Tel est l'un des objectifs que se sont données les autorités fédérales américaines dans le cadre d'un programme visant à soutenir la R&D nationale, notamment en matière industrielle. Un projet qui privilégie une approche "intégrée" et "intelligente" des activités manufacturières – comprendre : employant des technologies avancées de capteurs, logiciels, réseau et plus généralement de l'informatique. Cette action coordonnée, menée sous l'égide du National Science and Technology Council, définit comme prioritaires les domaines de la conception de logiciels, la cybersécurité, les interactions homme-machine ou encore les applications de réseau. Ainsi, l'organisme gouvernemental souligne l'importance des outils de simulation et de modélisation dans le développement de produits et leur mise sur le marché.
Industrie informatisée
Le réalisme est le mot d'ordre pour l'institution qui évoque des difficultés à simuler fidèlement le comportement de certains matériaux ainsi que de processus industriels spécifiques. "On n'a effectivement pas encore développé de modèles permettant d'éviter des essais sur des matériaux composites complexes. Par ailleurs, certaines solutions de modélisation montrent leurs limites sorties d'un intervalle de performance défini", indique à L'Atelier Guy Walter, directeur général du cabinet de conseil Hexaliance. En outre, le NSTC présente une vision très "communicante" de l'activité industrielle. Une activité entièrement connectée où les équipements seraient à même de transmettre leur statut en temps réel, et fournir de nombreux éléments d'analyse aux opérateurs, ce via des systèmes intelligents embarqués. Une approche qui permettrait de raccourcir les processus de décision, indique l'agence américaine.
Equipements intelligents
"Une chaîne de production dotée d'intelligence artificielle et s'adaptant d'elle-même constituerait un avantage précieux", poursuit le responsable. La disponibilité de réseaux de capteurs avec ou sans-fil est également un axe prioritaire de la R&D américaine, afin de développer des équipements plus autonomes. Le NSTC cite notamment les capacités des machines à évaluer seules leurs conditions de fonctionnement, leurs performances ainsi qu'à optimiser elles-mêmes leurs opérations. Autre point : le web dit sémantique pourrait faire évoluer le rapport entre l'homme et la machine. La possibilité qu'un appareil puisse comprendre et interpréter des données fabriquées par et pour l'homme faciliterait d'autant sa mise en œuvre. La voie vers un tel mode de fonctionnement n'est toutefois pas sans obstacles : reste encore à développer un langage de programmation, les outils et interfaces qui permettront cette évolution. Une voie que les autorités américaines comptent bien emprunter pour relever le niveau de compétitivité de leur industrie.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas