L'innovation a besoin de professionnels pluridisciplinaires

Par 05 août 2010

L'université polytechnique de New York lance un programme de formation pour ses doctorants en sécurité informatique qui inclut des cours en droit ou en psychologie. Le but ? Favoriser l'ouverture d'esprit.

Pour rendre plus polyvalents les ingénieurs spécialisés dans la sécurité informatique, il faut leur proposer dès leur formation un cursus pluridisciplinaire. Et qui ne se penche pas uniquement sur des matières dites scientifiques et techniques. C'est le postulat de l'université polytechnique de New York qui ouvre un programme spécifique, baptisé Inspire, à l'intention de ses étudiants. "Plusieurs problèmes sont restés sans solution pendant des années car ils se trouvaient dans un no man's land, entre le domaine de la sécurité informatique et, par exemple, celui du droit", explique à L'Atelier Ramesh Karri, l'un des responsables du programme. Concrètement, les doctorants se spécialiseront dans un domaine, avec une option appartenant à un champ extérieur : la politique, la psychologie, le droit, le management, les relations humaines, etc.
Une matière fondamentale, doublée d'une option
"Par exemple, un étudiant pourra prendre l'ingénierie informatique en cours fondamental, et se former par ailleurs à la politique, avec des professeurs spécifiques", précise Nasir Memon, autre responsable de la formation. L'objectif étant de fournir une formation diversifiée pour faciliter la pratique professionnelle par la suite. "Il y a une réelle nécessité à former les informaticiens à d'autres disciplines", confirme à L'Atelier Thierry Cappe de Baillon, directeur associé de socialearning.fr. "Avec l'évolution des réseaux sociaux et du marketing, l'essentiel est en effet aujourd'hui de réorienter la formation vers une écoute du client, vers une capacité d'adaptation, et une ouverture d'esprit", note-t-il. L'idée du programme est en effet de sortir d'une approche consistant à enfermer l'individu dans un système de compétences bien défini.
Réorienter la formation vers l'écoute du client
Reste que l'aspect collaboratif demeure fondamental, pour le spécialiste : "il ne faut pas se leurrer, sur le long terme, le travail en équipe continue de prévaloir", explique-t-il. Avant d'ajouter : "mais l'important, c'est de parvenir à faire descendre les 'experts' de leur piédestal, en leur apprenant à s'intégrer véritablement aux groupes de travail, et à déceler les idées nouvelles pour développer leurs propres compétences". Ces cours supplémentaires ont enfin l'intérêt de diversifier l'apprentissage, pour Thierry Cappe de Baillon. "L'innovation en entreprise a besoin d'ouverture, de collaboration, de partage", souligne-t-il. Et de conclure que cela permet aussi d'éviter que le savoir ne se perde, au fil du temps, ce qui arrive encore trop souvent.

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