L'innovation en Chine dépend d'un état d'esprit

Par 12 janvier 2011
Mots-clés : Smart city, Asie-Pacifique
Chine innovation

Si le gouvernement soutient de plus en plus la recherche et le développement, un changement de mentalité est encore nécessaire pour que le pays se distingue.

Si la Chine est encore souvent perçue comme l’atelier du monde, les entreprises pourraient bientôt, dans le secteur des nouvelles technologies, concevoir elles-mêmes les produits qu’elles commercialisent, affirme dans un article Gordon Orr, directeur du bureau de McKinsey à Shanghai. En clair, le pays ne se contenterait plus de fabriquer des produits conçus par des firmes étrangères, mais encourageraient ses propres ingénieurs à mettre la main à la pâte. Reste que cette évolution représente encore un vrai défi pour l’État chinois. "La clé pour y parvenir consiste à renforcer la capacité de l’économie à innover", estime le chercheur. Mais si les pouvoirs publics chinois soutiennent de plus en plus la recherche et le développement - 1.5 % du PIB était consacré à la recherche et au développement en 2008, contre 1.25 quatre ans auparavant -, les entreprises chinoises ont surtout besoin de développer de nouveaux modèles économiques.

Encourager un esprit d’initiative

Et un esprit d’initiative doit par ailleurs être encouragé pour favoriser l’innovation. C’est ce que confirme à L’Atelier Thierry Louail, directeur de Aiqi, une start-up française implantée à Shanghai : "L’innovation est aussi une affaire d’autonomie, de mentalité, et les bouleversements que cela implique s’inscrivent dans la durée", souligne-t-il. Avant de préciser : "La majorité des grandes entreprises chinoises appartiennent encore à la sphère publique, même si dans le domaine high-tech, on trouve aussi un secteur privé dynamique". Pour le responsable Chine de McKinsey, certains espaces de progression sont encore obstrués. "Les meilleures innovations en Chine aujourd’hui sont fondées sur le développement de modèles économiques créatifs, et non seulement sur la conception de produits matériels, comme trop souvent", explique-t-il.

L’innovation ne peut venir d’en haut

En prenant l’exemple de la plate-forme en ligne Alibaba, construite autour d’un modèle singulier, qui permet aux petits détaillants chinois de se connecter aux acheteurs sur la Toile. "Cela a été possible grâce aux responsables politiques qui ont su tirer les leçons de leurs erreurs passées en matière d’innovation", note le spécialiste. "La plus grande étant qu’il est difficile d’imposer l’innovation depuis le sommet". Là encore, Thierry Louail s’accorde avec le constat du consultant : "il y a incontestablement une tendance qui se développe, grâce à la politique volontariste du gouvernement chinois. La Chine souhaite aller dans cette direction, c’est évident. Reste à savoir à quel rythme cela s’effectuera", conclut-il.

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