Quand l'innovation douce attire l'investissement

Par 15 mars 2010
Mots-clés : Smart city

Les investisseurs sont plus enclins à s'intéresser aux compagnies qui viennent améliorer leurs appareils existants. Plutôt qu'à celles qui lancent régulièrement des systèmes embarquant de nouvelles technologies.

Pour attirer les investissements, mieux vaut mettre à jour sa gamme de produit que décider d'en créer une nouvelle, constate Mary Benner, chercheuse à la Warton School. Selon les conclusions de son étude, les analystes financiers investissent plus volontiers dans les entreprises qui adaptent leurs produits en tenant compte des attentes du public, que dans celles qui repartent de zéro pour lancer un nouvel appareil. En clair, l'innovation douce est à privilégier, et corriger les imperfections techniques des appareils existants a l'avantage de rassurer les investisseurs. Ces derniers se montrant plus prudents lorsqu'il s'agit de soutenir le lancement d'un produit "révolutionnaire". L'étude a consisté à analyser les recommandations effectuées dans les rapports des spécialistes financiers, notamment dans le domaine de la téléphonie mobile.
Les investisseurs encouragés à privilégier l'innovation douce
La chercheuse a parcouru plus de quatre cents rapports ayant trait au secteur du téléphone portable, provenant de deux banques d'investissement : la Morgan Stanley et la Deutsche Bank. En matière de téléphonie, les analystes n'accordent aucune attention aux appareils embarquant la technologie VoIP, pourtant largement couverts par la presse. Les appareils téléphoniques fondés sur une technologie plus classique sont largement plus considérés, avec près de huit cents mentions explicites. "L'absence de réaction de la part des analystes à propos des stratégies mises en place intégrant la technologie VoIP est surprenante" indique Mary Benner. "Mais plusieurs explications peuvent être avancées". Selon l'auteur de l'étude, il peut être difficile d'évaluer la valeur d'une nouvelle technologie.
En question : les incertitudes liées au lancement d'un nouvel appareil
En particulier en ce qui concerne sa capacité à redéfinir les standards du secteur. "Le lancement d'un produit soulève nécessairement plus d'incertitudes", explique la chercheuse. Du coup, les investisseurs préfèrent attendre de voir concrètement les effets d'une nouvelle technologie, et choisissent de ne pas prendre de risques trop importants. Les rapports analysés au cours de l'étude couvraient les quatre "Baby Bells" : Verizon, Qwest, SBC Communications, et Bellsouth, sur une période de trois ans (2002-2005). A noter : l'étude a également analysé des recommandations effectuées dans le secteur de la photographie, sur une période couvrant les années 1990. Et la conclusion est la même, puisque les appareils numériques ont tardé à attirer les investissements financiers.

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