L'innovation ne serait-elle qu'une question d'effectifs ?

Par 28 novembre 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Dans la plupart des pays, il existe une corrélation entre le nombre de brevets déposés par millions d'habitants, et la part de population active qui travaillent dans les secteurs de la recherche et du développement.

Le fait d'employer un nombre conséquent de chercheurs et d'ingénieurs mais aussi de managers ou de personnel administratif dédiés est-il nécessairement synonyme d'innovation ? Eurostat s'est penché sur la question dans un rapport intitulé "Patents and R&D personnel". Conclusion : la quantité de brevets déposés dans un pays est souvent proportionnelle au nombre de personnes travaillant dans le secteur de la recherche et du développement. La part d'employés dans la R&D par rapport aux autres secteurs d'actifs est donc un indicateur à peu près stable du nombre de brevets déposés par million d'habitants dans bon nombre de pays. Exemple : la Finlande a fait breveter en 2005 plus de deux cents applications par million d'habitant. Un chiffre bien supérieur à la moyenne européenne qui est d'environ cent brevets.
Secteurs public et privé
Or la Finlande est également l'un des pays où le taux d'employés dans la R&D par rapport à la population active globale est le plus élevé. Bien que très importante, la quantité d'employés dédiés n'est cependant pas l'unique facteur expliquant le nombre de brevets déposés par pays. Un autre paramètre apparu dans l'étude d'Eurostat concerne la différence entre secteurs public et privé. Dans la mesure où bon nombre d'inventions sont le fruit de partenariats entre plusieurs institutions, il est certes difficile de catégoriser rigoureusement la part des entreprises d'une part et des organismes de recherche du public d'autre part dans le dépôt de brevets. Un projet peut par exemple être financé par une société et réalisé dans une université. Mais la tendance est nette : 80 % des brevets sont déposés dans le secteur privé.
Copyrights, marques déposées etc.
Dans la plupart des pays, les secteurs du gouvernement, de l'éducation supérieure ou des hôpitaux représentent moins de 10 % des brevets déposés. Résultats : le calcul de l'innovation d'un pays doit non seulement prendre en compte le nombre d'actifs travaillant dans la R&D. Mais aussi, dans ce même secteur, la répartition entre secteurs public et privé : en Lituanie par exemple, moins de 10 % des actifs dans la recherche et le développement travaillent dans le privé. Enfin, l'innovation ne se mesure pas uniquement en nombre de brevets car il y a d'autres moyens de protéger la liberté intellectuelle : copyrights, marques déposées, design industriel etc. Sans compter ceux qui préfèrent laisser leurs inventions dans le domaine public.

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