L'intensité des relations sociales se mesure sur les moteurs de recherche

Par 22 juillet 2010
Mots-clés : Digital Working

Le nombre de liens affichés en résultats et réunissant deux personnes permet d'indiquer l'éventuelle proximité qui les réunit. Une méthode utile à des fins sociologiques et marketing.

Les relations sociales qu'entretiennent les individus sont mesurables sur les moteurs de recherche, indique The Korea Advanced Institute of Science and Technology. D'après différentes expériences menées sur des groupes de personnes célèbres, les chercheurs ont démontré qu'il était possible de déterminer l'influence d'un individu - sénateur, basketteur professionnel, médecin - sur le groupe auquel il appartient (politique, sportif ou académique) et sa proximité avec les membres. Autant de connexions sociales utiles à déterminer dans le cadre d'enquêtes marketing et sociologiques. C'est en entrant une liste de noms sur Google que les chercheurs ont pu déterminer cet "arbre de connaissance". Pour évaluer la solidité des relations entretenues par une personne, les scientifiques s'en sont remis au nombre de pages qui apparaissaient par exemple pour un duo de sénateurs. Résultat, selon eux : plus ce nombre est important et plus les relations qu'entretiennent deux politiciens peuvent être qualifiées de solides.
Etablir la force et le poids des individus dans un groupe donné
Cette corrélation que les chercheurs qualifient de "cooccurrence" implique qu'elles sont plus rapprochées que d'autres personnes prises au hasard dans le groupe auquel elles appartiennent. Et naturellement, si aucune relation n'est trouvée entre deux individus, les personnes sont dites "non connectées". Pour le groupe de sénateurs étudié, les recherches ont conduit a des "arbres de connaissance" souvent homogènes – d'appartenance républicaine ou démocrate- compte tenu des couleurs politiques des sénateurs. Pour éviter de prendre en compte des relations superficielles - comme le nom d'un fan associé à celui d'une célébrité -, les chercheurs vérifient aussi, lorsqu'ils analysent les résultats, la bidirectionnalité des relations. Et pour annuler ce type d'artifices, l'opération est effectuée à plusieurs reprises sur une longue période. Par ailleurs, afin d'établir le poids d'une personne dans un groupe, les chercheurs prennent en considération le nombre d'individus avec lesquels elle est reliée.
Contourner les erreurs d'homonymie
Sachant que dans un groupe donné, la moyenne des relations entretenues par un individu fait office de baromètre pour l'ensemble. Et ce chiffre comparé à celui d'un individu permet de déterminer la force d'une personne dans le groupe. Les chercheurs reconnaissent d'éventuelles erreurs, notamment en raison de l'homonymie de noms. Pour y pallier, l'équipe recommande de multiplier lors des recherches les caractéristiques associées aux individus. Comme de spécifier son statut ou sa zone géographique, par exemple. "Le coût d'une investigation sur les moteurs de recherche est moins onéreux que celle d'une enquête sociologique", indique Sang Hoon Lee, l'un des scientifiques. A ce bénéfice financier s'ajoute également celui de l'objectivité. "Cette recherche informatique permet d'éviter le biais subjectif que l'on peut retrouver dans des questionnaires", conclut-il.

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