L'Internet des objets doit s'inspirer de la nature

Par 11 mars 2009 2 commentaires
Mots-clés : Smart city

Dans les cellules vivantes, les structures hétérogènes autonomes doivent collaborer pour atteindre un but commun. Bionets tente de reproduire ces mécanismes pour construire une infrastructure informatique robuste.

Le principe de l'Internet des objets, qui vise à connecter entre eux ou avec l'homme des objets via le web, a besoin d'une infrastructure capable d'assurer ces multiples connexions entre des appareils d'origine et d'utilisation complètement différentes. Selon les concepteurs du projet européen Bionets, celle-ci devra faire face à quatre principaux problèmes : la charge, l'hétérogénéité, la dynamique des réseaux et la complexité. C'est pourquoi ils travaillent sur une infrastructure qui s'inspire du fonctionnement d'organismes vivants comme l'ADN pour fonctionner, et qu'ils appellent l'Internet naturel : "Nous cherchons à introduire des fonctions d'autonomie aux réseaux et aux services, appareils, logiciels et protocoles, afin qu'ils puissent interagir entre eux de manière indépendante, sans le soutien de l'homme", note Daniele Morandi, coordinatrice du projet.
Une approche ascendante
L'infrastructure que Bionets développe est dite ascendante ("bottom up"). C'est-à-dire qu'elle consiste en une suite de mini processus qui ont chacun un rôle indispensable au sein de l'organisation dans son ensemble. Ici, chaque composant se réglera sur le bon réseau en fonction du contexte pour assurer une connexion finale la plus robuste et sécurisée possible. "La nature fait face aux mêmes types de difficultés. L'une des solutions est de regarder comment elle y répond et d'appliquer ces réponses à nos propres interrogations", ajoute-t-elle. Et de donner l'exemple du cœur humain, qui alimente d'autres organes sans intervention extérieure et dont le muscle s'excite et se régule lui-même.
La difficulté de la reconfiguration perpétuelle
Certains aspects, comme celui du dynamisme, ne sont pas encore résolus : il est très difficile de rendre perpétuellement reconfigurable un réseau dans lequel appareils, contextes et situations sont en constantes évolutions. Mais les premiers résultats, encourageants, ont cependant déjà permis de mettre au point en 2007 une application de distribution de contenus dans des environnements mobiles. Celle-ci, baptisée U-Hopper, propage l'information via des algorithmes de diffusion épidémique. Les processus transmettent les informations qu'ils reçoivent à des processus connus de manière aléatoire jusqu'à ce qu'un pourcentage significatif ait reçu les données.  Le projet rassemble plusieurs entreprises majeures du secteur des télécommunications comme Nokia, Telecom Italia et Sun Microsystems. Il bénéficie d'un budget de 7 millions d'euros.

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2 Commentaires

Bonjour,
La société Thin-Track développe déjà, pour le compte de ses clients, des architectures applicatives similaires.
Nous (Thin-Track) souscrivons donc pleinement à cette vision.
Philippe GAUTIER
www.thin-track.com

Soumis par Philippe GAUTIER (non vérifié) - le 12 mars 2009 à 10h43

Cette renaissance des concepts vitalistes et organicistes est étrange. St-Simon s'y retrouverait parfaitement, mais la part d'utopie de cette vision me semble un peu poussiéreuse... et puis derrière, n'y a t-il pas l'idée que si individu = cellule, maladie du corps = recherche des éléments "indésirables" ?

Soumis par Marshka (non vérifié) - le 17 mars 2009 à 18h01

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