"L'interopérabilité est la clef des réseaux de demain"

Par 29 octobre 2008
Mots-clés : Digital Working, Europe

Le marché des services multimédias évolue plus vite que les réseaux des opérateurs. Pour en tirer parti, ces derniers misent sur des architectures ouvertes. Entretien avec Roger Ward, président du MultiService Forum.

L'Atelier : Votre association se réunit actuellement à Londres à l'occasion du GMI 2008. Son but est de promouvoir le déploiement de réseaux à architecture ouverte. Concrètement, qu'est-ce que cela signifie ?
Roger Ward : Le MultiService Forum est une association internationale de fournisseurs de services et d’équipements qui réfléchit à l’élaboration de réseaux nouvelle génération capables de répondre à la demande croissante de consommateurs (géolocalisation, TVIP, etc.) en leur proposant des services voix et données de qualité. Car, quoi qu’on dise, des solutions telles que Skype demeurent expérimentales ! En même temps, le marché des services est tel qu’il évolue plus vite que ne se renouvellent les équipements réseaux des opérateurs. Lesquels représentent de lourds investissements. Les opérateurs ne peuvent donc pas se permettre de remettre en cause leur infrastructure de transport dès qu’un service apparaît. Jusqu’à présent, si un opérateur voulait proposer un nouveau service, il était tributaire du constructeur de sa plate-forme, de ses tarifs et de son savoir-faire...
Pas étonnant donc que les opérateurs veuillent se détourner des solutions propriétaires et fassent jouer la concurrence entre équipementiers pour adapter leurs infrastructures...
Exactement. Les technologies mises en œuvres pour le déploiement des nouveaux réseaux de communication sont de toute façon si complexes qu’aucun fournisseur d’équipements ne peut revendiquer l’excellence dans tous les domaines. En déployant des architectures ouvertes, les opérateurs peuvent désormais sélectionner les meilleures solutions disponibles en fonction des services qu’ils souhaitent proposer. La segmentation des composants matériels et logiciels qu’ils utilisent pour leurs réseaux leur permet par ailleurs d’en changer plus rapidement et de se montrer ainsi très réactifs face à un marché en perpétuelle évolution. Bref, la mise en place d’architectures réseaux ouvertes permet aux fournisseurs de services de rationaliser leurs dépenses d’infrastructures tout en demeurant compétitifs.
Comment s'assurer de l'interopérabilité des technologies fournies par différents équipementiers au sein d'un même réseau ?
C’est précisément la raison d’être de notre association. Nous n’élaborons certes aucun standard. Il y a déjà dans les télécommunications de nombreux organismes qui sont chargés de le faire. Mais un standard ne suffit pas. Il existe toujours diverses façons plus ou moins heureuses d’implémenter un même standard. Nous élaborons donc plusieurs scénarios d’implémentation des technologies des fournisseurs sur les réseaux existants. Les résultats de ces expériences nous permettent de mettre en place des protocoles industriels communs. Ce n’est pas une mince affaire. L’interopérabilité multi fabricants est indispensable si l’on veut que l’utilisateur final ait accès, par l’intermédiaire des opérateurs, à des services "de bout en bout" toujours plus performants.
Pierre Bonnet, envoyé spécial à Londres pour L'Atelier

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