Quand l'iPhone vaut bien un microscope

Par 03 octobre 2011
lentille iphone

Ajouter une lentille grossissante devant l'appareil photo d'un smartphone permettrait de faire de celui-ci un microscope valable et pouvant être utilisé dans les régions isolées.

Pour faciliter l'accès aux soins médicaux dans les zones reculées, une équipe de l'université de Californie a mis au point un système qui transforme un iPhone en microscope et en spectroscope (soit un appareil permettant d'observer les spectres lumineux). Puis qui envoie les données recueillies en temps réel à des laboratoires capables de les analyser. "Les personnels médicaux pourront déposer un échantillon de sang sur une languette, prendre une photo via le système, puis l'envoyer à des personnes disposant des moyens de l'étudier", explique Sebastian Wachsmann-Hogiu, physicien et co-auteur du travail de recherche. Et de préciser que la transformation d'un smartphone en microscope n'est pas une première. Ce qui l'est, selon les chercheurs, c'est le prix et la simplicité de leur système.

Une lentille grossissante

Sur le principe de la goutte d'eau, dont la surface incurvée grossit ce qui se trouve en dessous, ils ont utilisé une lentille sphérique d'1 millimètre de diamètre. Celle-ci a été insérée dans un trou fait sur une surface en caoutchouc, et qui se place sur l'objectif de l'appareil photo du téléphone. En fait, une telle lentille capte bien la lumière, ce qui affine la résolution. Selon eux, elle n'a à elle seule qu'un pouvoir grossissant de 5 fois. Mais quand elle est couplée à la fonction photo du smartphone, elle permet d'observer jusqu'à 1,5 microns. Ce qui donne la possibilité d'identifier les différents types de cellules sanguines, par exemple. Pour le moment, chaque lentille coûte entre 30 et 40 dollars. Mais selon les responsables du projet, une fabrication en masse permet d'en réduire drastiquement le prix. Autre frein : le côté sphérique de ces dispositifs réfléchit la lumière en la tordant.

Combiner plusieurs photos

Ce qui peut déformer l'image captée. Pour y remédier, les scientifiques ont utilisé un logiciel de traitement des images numériques. Celui-ci permet aussi de combiner plusieurs photos, afin de prendre un élément en plusieurs fois pour plus de précision. Enfin, le système peut servir de spectroscope en cas de besoin, afin d'obtenir plus de détails sur des composants, comme calculer le taux d'oxygène dans le sang. Celui-ci serait réalisé à partir d'un tube recouvert à chaque bout d'adhésif électrifié. De fines fentes permettant de faire entrer des rayons de lumière sous forme de grille. Reste que ce deuxième outil en est encore à ses prémices. Le dispositif sera présenté à l'Optical Society's Annual Meeting, qui se tient à San José du 16 au 20 octobre.

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