Le livre numérique encore en mue

Par 10 janvier 2011
livre électronique ouvert

Pour le moment, le marché électronique peut encore être considéré comme une transposition de l'imprimé, et attire majoritairement des lecteurs déjà convaincus. La généralisation du livre enrichi pourrait séduire de nouveaux publics.

Si le marché du livre numérique est en pleine expansion, cela ne veut pas dire qu'il a déjà trouvé le modèle économique qui lui permettra de fructifier sur le long terme, peut-on conclure du rapport fourni par l'Idate sur la question. Pour le moment, le marché peut être considéré comme une transposition de son équivalent papier. Selon le cabinet, les ouvrages dits enrichis, et que l'on peut qualifier de spécifiquement numériques, sont encore rares. Et les livres proposés sous forme électronique sont en règle générale ceux que l'on peut trouver en librairie. Résultat : les individus amateurs de lecture depuis un support électronique sont en règle générale ceux friands d'ouvrages papiers. Autre chose : le modèle de vente pratiqué reste celui proposé traditionnellement. Soit le paiement à l'unité en Amérique et en Europe, et celui sous forme d'abonnements à des œuvres en épisodes au Japon.

Fédérer de nouveaux lecteurs via le multimédia

Les autres modèles envisagés, comme la publicité, la location ou la vente au chapitre, pouvant encore être qualifiés de confidentiels et propres à des genres précis. Du coup, d'ici 2014, note l'Idate, le marché devrait continuer de décoller sans provoquer de destruction de valeur. Les versions numériques prenant peu à peu le relais de leurs équivalents imprimés. Cela surtout dans les genres littéraires qui ont basculé le plus rapidement : le polar, la littérature sentimentale et la science-fiction. Mais à terme - et à partir de 2015 - les enjeux seront sur deux plans : le degré de conversion au numérique des lecteurs dits occasionnels et qui constituent la majorité du marché. Et la capacité du livre hybride à attirer de nouveaux publics, jusqu'ici non lecteurs. Le cabinet prévoit également une modification nette des rapports de force.

Des rapports de force plus complexes

Notamment avec la multiplication des acteurs : libraires traditionnels ou pure players, opérateurs, équipementiers, géants du web… Parmi ces derniers, trois se positionnent fortement : Amazon, qui pratique une politique tarifaire agressive, Apple, qui mise sur le modèle d'agence et Google. Avec Google Editions, celui-ci parie sur son programme de numérisation et sur l'affichage dans son moteur de résultats issus de livres qu'il propose. Pour les chiffres, l'Idate rappelle que les Etats-Unis sont désormais le premier marché au monde avec des ventes atteignant presque les 600 millions d'euros en 2010. Suivis du Japon, qui enregistre 527 millions d'euros. L'Europe est moins rapide à migrer vers le numérique, mais elle enregistre un taux de croissance de 80 %. Les terminaux sur lesquels ces livres se consultent sont enfin de plus en plus nombreux : e-readers, PC, mobiles, consoles, tablettes, baladeurs multimédia…

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