L'odeur interactive se fait mobile

Par 07 avril 2008
Mots-clés : Smart city

NTT lance l'expérimentation d'un diffuseur mobile de fragrances dont le pilotage est assuré par un téléphone portable. Le français Exhalia suit également cette piste.

Les appareils multimédias véhiculent déjà deux des cinq sens : la vue et l'ouïe. Mais les industriels souhaitent aller encore plus loin en exploitant l'odorat. Des projets ont déjà été réalisés, notamment avec des diffuseurs d'odeur intégrés au web. Dans la même optique, NTT Communications annonce aujourd'hui le lancement du prototype Mobile Fragrance Communication : la version pour portable d'un diffuseur de parfums. Ce système permet à l'utilisateur de visionner des vidéos sur son mobile en les accompagnant de fragrances spéciales, émises par un appareil externe. Le fonctionnement est simple : le consommateur télécharge depuis un site web en i-mode une "Fragrance Playlist". Les données parfumées sont transférées via infrarouge vers l'appareil externe - le diffuseur - qui est chargé au préalable de cartouches contenant les odeurs. L'appareil mélange alors les parfums et émet la fragrance en fonction du contenu que regarde ou écoute l'utilisateur sur son portable.
Sensorialité mobile
"Il existe deux types de diffuseur de parfum," explique Yvan Régeard, président de la société Exhalia, fournisseur de solutions olfactives pour supports multimédias. "Celui choist par NTT recrée un parfum à partir de différentes odeurs. Un système qui reste moins performant que le diffuseur par restitution." Ce dernier contient des cartouches qui renferment chacune un parfum bien spécifique : un arôme de vin, une fragrance de parfumeur... Un système idéal pour le marketing olfactif car il garantit l'exactitude de l'odeur. Autre service proposé par NTT : un système de contrôle à distance, qui commande les opérations du diffuseur. Un portail connecte le mobile de l'utilisateur via Internet au diffuseur : les instructions peuvent ainsi être envoyées à partir du téléphone. Le consommateur peut alors laisser chez lui le diffuseur et programmer l'émission du parfum désiré à l'heure voulue. Mais Yvan Régeard nuance : " aujourd'hui, le portable est plus vu comme un nouveau moyen de piloter un diffuseur, que comme étant une réelle application de diffusion."
Applications olfactives
Les applications sont en effet encore à améliorer. Le dirigeant d'Exhalia précise : "parfumer un téléphone n'a pas de sens en soi. Un diffuseur d'odeur nécessite un service qui apporte une véritable valeur" NTT prévoit des services ludiques (odeurs accompagnant des images, vidéos, horoscopes etc.), ainsi que d'autres plus pratiques : à la maison, dans une voiture... Mais la question de la pertinence des services mobiles reste posée. Yvan Régeard annonce : "nous sommes actuellement en phase d'élaboration d'une application très intéressante, jusqu'alors jamais exploitée sur le marché, mais nous ne pouvons pas encore communiquer à ce sujet..." Les services olfactifs ont donc de l'avenir. Ils se trouvent en effet au carrefour de différentes industries : le secteur des Télécoms qui disposent de moyens importants en R&D et qui cherchent à enrichir l'expérience des utilisateurs, mais aussi les secteurs de l'agro-alimentaire et de l'esthétique qui ont besoin de supports olfactifs pour leur communication.

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