"L'offre technique n'a pas de sens sans son pendant pédagogique"

Par 10 septembre 2004

Interview de Jean-David AMAOUA, Directeur avant-vente & e-learning de Micropole Univers Institut... ''L'offre technique n'a pas de sens sans son pendant pédagogique''...

Comment se positionne Micropole Univers Institut sur le segment de l'e-learning aujourd'hui ?
Nous proposons une offre e-learning depuis sept ans maintenant. Notre mission consiste à proposer pour nos entreprises clientes la solution la plus adaptée à leur besoins et à leur contexte : choix de la plate-forme, développement de contenus spécifiques (équipes internes de concepteurs pédagogiques et de graphistes) ou achat de contenus sur étagères (partenariat avec des éditeurs comme NETg par exemple).
Sans oublier une offre complète de services : étude de faisabilité, assistance à maîtrise d'ouvrage, aide à la réalisation du cahier des charges, installation et customisation de plates-formes e-learning, transfert de compétences. En ce moment, Micropole Univers Institut assure par exemple le déploiement et la customisation de la plate-forme Docent pour une importante société française en Europe et au Japon.
Participez-vous aussi à la conduite du changement, au sein de vos entreprises clientes ?
Oui, cela fait partie de notre gamme de services, et c'est une étape essentielle. Il faut changer les habitudes des apprenants ; notre mission consiste à recenser les résistances, les analyser et trouver des leviers de changement.
Il faut par exemple qu'ils puissent s'isoler, il faut vaincre aussi la gêne à se former en ligne, parce que cela n'est pas toujours bien perçu par les collaborateurs, les managers, etc.
Quelle proportion de vos clients vous demande ce service ?
Je dirais environ 20 %. Parce que certaines entreprises préfèrent prendre elles-mêmes en main cette phase de leur projet e-learning et le confier à leurs services de communication. L'autre raison, c'est que tous n'ont pas encore forcément perçu que cette étape était purement et simplement essentielle.
Proposer une offre complète (plates-formes + contenus + services) est-il un atout dans ce domaine ?
Pour le client, elle suppose d'avoir affaire à un unique interlocuteur, ce qui simplifie considérablement sa démarche. Et puis, avec le temps, l'idée a fait son chemin que l'offre technique n'a pas de sens sans son pendant pédagogique. Nous sommes avant tout des pédagogues qui savent utiliser et maîtriser les nouvelles technologies de l'enseignement.
Justement, dans les années 2000-2001, tout le monde pensait que l'e-learning allait résoudre tous les problèmes de formation…
Au moment de la bulle Internet, chacun imaginait qu'il suffisait d'accoler le « e- » magique à n'importe quoi et que tout fonctionnerait parfaitement. Une idée qui n'a jamais eu cours au sein de notre société. Pas plus que celle qui prévoyait que l'e-learning remplacerait les formations en présence d'un professeur. Nous savions pertinemment que la technique n'est pas la chose la plus importante, et ce précisément parce que nous avons une expérience de plus de 20 ans dans la formation « classique ». Le e-learning doit rester un des modes de formation et s'intégrer au sein d'un dispositif global .
Pour quelle raison, selon vous, l'e-learning n'a-t-il pas explosé, comme on le pressentait au moment de la bulle Internet ?
Pour diverses raisons. La première, c'est que les entreprises pensaient à l'époque que l'e-learning réduirait drastiquement leurs coûts de formation. Ce n'est vrai qu'à moyen et long terme. La mise en place d'une stratégie e-learning a un coût.
Et puis il y a eu certaines désillusions, venues d'entreprises qui ont tout misé sur la technologie et se sont rendues compte avec amertume que leurs salariés n'adoptaient pas ce nouveau mode de formation, parce qu'ils n'y avaient pas été préparés et parce qu'ils n'étaient tout simplement pas accompagnés dans cette nouvelle voie d'apprentissage.
Aujourd'hui, le contexte est différent… Il y a eu la réduction du temps de travail, le nouveau statut de la formation. Le renouvellement des équipes de management par des cadres plus jeunes a aussi été un facteur positif pour l'e-learning. Ces professionnels ont été habitués, à l'université ou dans les grandes écoles, à apprendre par eux-mêmes. Et ils ont plus sensibles aux nouvelles technologies de l'information et de la communication parce qu'ils ont évolué avec elles.
Sur le plan de la technique, les choses se sont aussi améliorées. Aujourd'hui, nous n'avons quasiment plus de problèmes techniques. Il y a deux ans, ce n'était vraiment pas le cas. Petit à petit, les entreprises ont été reliées à l'Internet haut débit, facteur essentiel pour l'adoption d'applications comme l'e-learning. Prenons le cas de la Suède, par exemple : le pays était en avance sur les pays d'Europe de l'Ouest en termes de connexion haut débit. Et ce n'est pas un hasard si c'est aussi un pays qui a adopté plus tôt et plus rapidement la formation en ligne !
Y a-t-il des secteurs d'activité plus prompts à adopter l'e-learning ?
Il n'y a pas de secteurs privilégiés pour la formation en ligne. En revanche, il est certain que pour l'instant, nous fournissons surtout des grandes entreprises et de grosses PME. Il y a deux autres caractéristiques que l'on retrouve la plupart du temps dans les entreprises qui s'équipent : un taux de turnover assez important et une dispersion caractérisée des salariés (nomadisme des salariés ou dispersion des sites de l'entreprise).
Quelles évolutions pressentez-vous pour votre business, dans les années à venir ?
Les évolutions vont suivre la technique, c'est certain et c'est difficile à prévoir. Mais je pense que nous allons vers une certaine pérennité de ce qui se met en place aujourd'hui.
Les contenus se diversifieront certainement, et seront bientôt disponibles sur des supports mobiles comme les assistants personnels. Enfin, nous allons de plus en plus assister à l'émergence de classes virtuelles : il s'agit de sessions de formation de 8 ou 10 personnes, au cours desquelles chacun apprend sur son poste et est tutoré par un formateur présent dans la salle auquel les apprenants peuvent poser des questions, demander de l'aide, etc.

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