Si l'on en croit les chercheurs de Wûrzburg, l'informatisation devrait

Par 13 août 1997
Mots-clés : Smart city, Europe

entraîner, dans les dix ans à venir, la suppression de 6,7 millions de postes de travail. L'étude réalisée par le professeur Rainer Thome et son assistant Boris Krauss porte sur les 22 millions d'em...

entraîner, dans les dix ans à venir, la suppression de 6,7 millions de
postes de travail. L'étude réalisée par le professeur Rainer Thome et son
assistant Boris Krauss porte sur les 22 millions d'emplois du tertiaire au
sens large. Au lieu des centaines de milliers ou de millions d'emplois
nouveaux attendus, ce qui est affirmé à Bonn, il ressort de cette étude
que ce sont 6,7 millions de licenciements ou de mises en pré-retraite qui
allaient résulter de l'informatisation du secteur tertiaire au cours des
dix prochaines années. Le professeur avoue "avoir été effrayé en voyant
ces chiffres". Jusqu'à présent, la mise en ordinateur de nombreuses
activités n'a pas eu cet effet, mais la pression des coûts (les salaires
et charges patronales allemandes sont les plus élevés du monde)" va
entraîner de nouveaux changements massifs dans le monde du travail". Un
sur deux des 3,4 millions de postes dans la distribution sera remplacé par
la caisse automatique, le paiement électronique et l'achat par Internet. A
cause d'automation, 46 % des 2,6 millions de fonctionnaires et employés
pourraient devenir superflus. Le plus menacé est le secteur bancaire
puisque 80 % de ses activités sont constituées d' actes répétitits qu'il
serait aisé de confier à la microélectronique. 61 % des emplois, soit au
total 772 000, seraient éliminés dans le secteur du crédit. Que peut-on
faire pour que l'informatisation de la société crée au moins autant
d'emplois qu'elle n'en supprime ? pour que l'ordinateur facilite le
travail de l'homme sans pour autant prendre sa place ? "Côté salaire,
l'ordinateur est le plus frugal des employés et il n'exige ni indemnité
maladie, ni retraite". Pour sa part le quotidien Frankfürter Rundschau
s'étonne "Mais comment ce professeur a-t-il pu s'étonner ? les universités
forment des ingénieurs qui rêvent de diriger des usines vides et des
bureaux totalement automatisés". Visiblement, le gouvernement, quant à
lui, s'inquiète et redoute la vague de chômage qui monte dans le tertiaire
après celle de l'industrie. Le ministre de l'Economie Günter Rexrodt
confie au Figaro Economie "je ne veux pas me lancer dans des spéculations
sur la question de savoir si la société informatisée crééera en fin de
compte plus ou moins d'emplois qu'elle n'en éliminera. Nous sommes déjà en
route vers cette société et l'important est de chercher à en tirer le
maximum de profit, à nous servir des chances qu'elle nous offre et à
conserver et à créer un maximum d'emplois porteurs d'avenir".
(Le Figaro - 13/08/1997)

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