Loppsi, Hadopi : J'ai dû vouloir rater quelque chose

Par 21 février 2010 2 commentaires
Mots-clés : Europe

Je ne sais pas ce que l'atelier numérique apporte à ses auditeurs, mais je sais ce que cette émission m'apporte. Du plaisir à interviewer, et de la confusion après lesdits entretiens. Prenez notre module consacré à l'oubli numérique avec Emmanuel Hoog (Ina) ou encore celui centré sur les média sociaux investis par la politique avec Fabrice Epelboin (ReadWriteWeb) et Damien Van Achter (RTBF).

J'ai du mal à me mettre dans leurs combats. Le premier parce qu'il fait mine de croire a la gentillesse naturelle de l'état, et que la dissémination des données dans des espaces commerciaux ou communautaires lui apparaît comme un danger.

Bizarrement je préfère affronter mon identité numérique que les RG ou des bases mises en place sans mon consentement par le pouvoir policier/judiciaire "pour mon bien".

On sait ce que le bien et le fichage veulent dire depuis que Vichy est passé par là (si si Emmanuel Hoog, beaucoup en France s'en rappellent et si si, Vichy était bien l'état français, même si ça ne nous rassure pas sur nous).

Pour les deux autres compères, je dois bien avouer avoir du mal à me mettre dans les batailles loppsiennes ou hadopiennes. Parce que j'ai du mal à croire en la totale malfaisance publique. Et que je sais que l'humain trouve toujours un moyen de contourner les obstacles qu'on lui met devant le clavier.

Tout cela, c'est contradictoire. La preuve lors de mon embarquement à Roissy (#boarding CDG) pour aller voir les équipes US de L'Atelier. Je suis passé devant une affichette promouvant "Parafes", une initiative destinée à accélérer le passage aux frontières françaises. Une fois enregistré, vous n'avez plus qu'à entrer dans un sas avec votre passeport biométrique et à en sortir avec votre doigt identifié par un lecteur lui aussi biométrique.

Rien ne m'obligeait à m'inscrire dans ce programme, faire scanner mes huit doigts (mes pouces n'intéressaient personne), discuter avec le policier pour me faire assurer que mes données n'étaient pas transmises à un pays tiers.

Bizarrement, le fonctionnaire était désabusé - "on a perdu nos libertés individuelles depuis longtemps", et a volontairement choisi de ne pas inscrire mon adresse personnelle. Moi je m'en fichais. C'est le cas de le dire. Tout ça pour le plaisir curieux ou la curiosité plaisante de pouvoir tester un sas pseudo futuriste. Mais c'est moi, ça.

"Y a une route, tu la prends qu'est ce que ça coûte. Y a une route. Y a même un chien qui courre la tête entre les mains." (*)

Alors désolé, @manhack, @epelboin, @davanac. Désolé aussi, Célia Boyer, chère excellente interlocutrice sur le sujet partage des donnes médicales, mais voir le bonheur dans la science et l'innovation dépassera toujours ma méfiance.

Ce qui ne m'empêchera pas de vous réinviter pour comprendre à quel point j'ai tort. Comme un papillon qui va regarder le tas de congénères qui jonche le sol avant de se précipiter sur la première ampoule a l'ancienne qui traîne.
(*) Gérard Manset

Haut de page

2 Commentaires

Ha ha... et un fonctionnaire de police qui t'affirme que l'on a perdu depuis longtemps nos libertés publique, ça laisse songeur, non ?

Ceci dit, je te rassure, on peut rester enthousiaste sur l'innovation et être vigilant sur son usage, ce n'est pas du tout contradictoire (l'exemple de l'ancêtre des bases de données d'IBM vendu à Hitler pour informatiser la solution finale est à ce titre l'alpha d'un omega qui s'annonce).

Soumis par Fabrice (non vérifié) - le 21 février 2010 à 07h57

Les fonctionnaires de police sont souvent très bien informés ... :)

Emmanuel Hoog a un énorme maroquin à vie. Fabrice Epelboin, pas encore ... Faut en profiter pour l'inviter plus dans l'intervalle.

Mais au-delà des individus, l'Internet et les réseaux resteront le lieu de la réalisation concrète de nombreux rêves et utopies.

Il est rassurant de savoir que certains de nos compatriotes sont complètement dépassés par rapport à ça.

On "accompagne" pas ce qui n'a pas besoin de nouvelles lois, de rationalisme et de modèles établis.

Les utopies existent jusqu'à ce que les "modérés" s'énervent vraiment contre tous ces extrémistes libertaires scotchés à leur clavier qui veulent "changer le monde".

Alors ne vous énervez pas trop vite.
Il y a des jeunes qui nous lisent à cette heure-ci.

Et... allez savoir peut-être aussi un poète sur Internet et un philosophe... allez savoir... Chut.

Bonne continuation.

Soumis par Gilles Misrahi (non vérifié) - le 21 février 2010 à 14h20

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas