Quand l'ordinateur soulage l'archéologue

Par 19 août 2008
Mots-clés : Smart city

Pour accélérer le travail de ces spécialistes, un nouveau système à base de scanners permet d'identifier les fragments et de reconstituer automatiquement les objets mis à jour.

L'archéologie est une discipline qui demande un luxe de patience et de méticulosité. La reconstitution, fragment par fragment, des objets découverts prend toujours beaucoup de temps. Cette tâche pourrait être facilitée par un nouveau dispositif élaboré par une équipe de chercheurs en sciences informatiques de l'université de Princeton. Ces derniers ont développé un système permettant de reconstituer automatiquement une fresque, une mosaïque ou tout objet similaire en un temps record. Ce système est composé d'un scanner à plat classique qui permet d'enregistrer des images en couleur et en haute résolution de chaque fragment. Ceux-ci sont ensuite placés sur une platine motorisée, laquelle permet leur rotation précise pendant qu'ils sont mesurés. Un télémètre, c'est-à-dire un faisceau laser qui scanne la largeur et la profondeur du fragment, mesure alors leur surface visible selon divers points de vue. L'opération est répétée avec chaque fragment. Le dispositif est relié à un ordinateur portable doté d'un logiciel intitulé "Griphos" (puzzle en Grec) grâce auquel les informations répertoriées font sens.
Un système prêt à l'emploi et peu onéreux
D'autres chercheurs ont développé des systèmes pour automatiser la reconstitution de fragments archéologiques. Mais ces équipements sont lourds, chers, et ne peuvent être utilisés que par des personnes rompues à l'informatique. L'avantage du nouveau système est qu'il est peu coûteux et prêt à l'emploi par les archéologues et les conservateurs. Ce, sur le terrain même. Comme l'explique David Dobkin, l'un des responsables du projet, " nous imitons autant que possible les méthodes des archéologues de façon à ce qu'ils puissent vraiment se servir de notre outil. Lorsqu'il sera optimal, il devrait pouvoir réduire considérablement le temps mis, par exemple, à reconstituer un mur." Selon lui, un tel gain de temps pourrait permettre aux archéologues de se consacrer à d'autres tâches telles que la restauration et les études ethnographiques.
Essais à Santorin
Analyser si deux fragments vont ensemble ne prend que quelques secondes. Les calculs prennent évidemment plus de temps pour reconstituer toute une fresque car le logiciel doit examiner toutes les combinaisons possibles. L'équipe de l'université de Princeton a collaboré avec des archéologues travaillant sur l'île de Santorin, en Grèce, anéantie vers 1500 avant JC. lors d'une éruption volcanique. Le dispositif doit encore être perfectionné mais les tests qui y ont été réalisés sont prometteurs. Sur un ensemble de douze fragments recensés comme faisant partie d'une même fresque, il en a par exemple retrouvé dix et a même permis d'identifier deux autres fragments encore inconnus. "Cette nouvelle technologie peut radicalement changer la façon dont travaillent les archéologues" déclare David Dobkin. "L'ordinateur devient enfin leur partenaire".

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