Lotusphere : L'abondance d'informations n'a de sens que si elle est ordonnée

Par 04 février 2011 2 commentaires
homme débordé

Mal gérés, les outils collaboratifs qui permettent un accès facilité aux individus et aux données, ne permettront pas d'être véritablement profitables. D'où la nécessité de se pencher sur l'organisation de cette information.

"115 petabytes d'informations nouvelles seront bientôt quotidiennement générés, dont 80 % ne seront pas structurés", rappelait Mike Rhodin, vice président senior d'IBM Software Solutions Group à l'occasion du Lotusphere. Des chiffres qui rappellent que, si la multiplicité des flux en dehors et au sein de l'entreprise en provenance de divers réseaux promet plus de transparence, de sources et au final de productivité, encore faut-il qu'elle soit exploitable. Du coup, du côté des laboratoires de recherche d'IBM, on s'est mis à la tâche. Avec un credo : proposer une meilleure organisation basée sur la gestion de l'information et la recommandation. L'un des premiers supports d'interaction avec ses clients et collègues restant le mail, c'est sur lui que se focalisent plusieurs projets. A l'image d'Icarus, qui propose un système de classement en fonction du contexte mais surtout des liens entre envoyeur et destinataire. "Icarus comprend les relations entre deux personnes, si elles sont proches ou pas, le type de projet sur lequel elles travaillent, les secteurs qui les intéressent…", nous explique Shimei Pan, de l'IBM T.J Watson Research Center.

Gérer l'information

Cela en regardant la fréquence d'envoi, en cherchant des mots-clés dans le contenu… Une fois ces liens établis, Icarus balaie le web pour trouver des données pertinentes. Le tout est affiché dans une barre située à droite de la boîte mail. Si deux individus sont proches, très peu d'informations seront proposées. Dans le cas contraire, un profil s'affiche, contenant photos, contacts susceptibles d'intéresser l'envoyeur, projets sur lesquels il travaille et qui correspondent au secteur de recherche de l'utilisateur... Ce, même si le nom du projet n'est cité dans aucun mail. Une option organise enfin les courriels en fonction de leur priorité, toujours selon des liens et des sujets cités dans leur contenu. Un autre projet exploite cette organisation du travail et des mails importants, mais en puisant cette fois à la fois dans les courriers et dans le réseau social interne - ici Connections.

Recommander

Mené par l'Almaden Research Center, Work Profiles in Email utilise aussi des procédés statistiques et analytiques pour ranger automatiquement les messages et les informations inscrites dans son agenda par champs (work areas). Il génère des résumés des projets menés (objectifs, personnes impliquées, contenu, outils utilisés), affichés sur son profil de réseau social. Enfin, il propose aux utilisateurs de nouveaux contacts en fonction de centres d'intérêts considérés comme communs. En dehors du mail, on peut aussi citer deux projets qui ciblent directement les flux générés en interne par les outils de réseaux sociaux : Social Lens, qui permet de réaliser des listes de personnes et de sujets, accessibles à tous. Et SaND Streams, une solution de recommandation personnalisée qui détecte les informations les plus à mêmes d'intéresser un utilisateur et les rend accessibles par nuages de tags.

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2 Commentaires

Effectivement, la croissance de l'information devient tellement imposante qu'il nous faut nous appuyer sur l'automatisation des outils pour nous en sortir ! - En 2020 nous traiterons l'équivalent de 150 000 informations numériques par seconde et par habitant (voir mon post : Pourquoi et comment gouverner l’information) - Autant dire qu’il y aura de la perte, d’ailleurs potentiellement préjudiciable !.

Alors ok, les outils vont évoluer de plus en plus vers de l’assistance au traitement de l’information, mais je pense que nous allons aussi nous diriger vers l’Information Autonome Intelligente (IAI). Pour compréhension, c’est un peu loin du collaboratif, mais en terme de Record Management, ou d’archivage légal / long terme, l’information est considérée comme un paquet autonome possédant ses métadonnées, ses règles, son contenu, ses droits, ... (Cf OAIS) .

Il y a quelques années Tim Berners-Lee à initié un mouvement autour du web, afin de faciliter son évolution vers le LinkedData (ainsi que l’OpenData les deux amenant le Web sémantique). Cette évolution du web s’appuierait sur un univers ou la notion de lien primerait sur l’information elle même. Ainsi une information (ouverte ou non) resterait associée à son responsable, porterait ses règles ainsi que l’ensemble des éléments permettant sa compréhension, et validité, sa criticité, .. .

Elle resterait de même sous couvert de son environnement de gouvernance de l’information, qui permettrait une meilleure maitrise de son usage. (Entendre gouvernance comme touchant, en plus des aspects régulation, sécurité, ... la notion de facilitation d’usage, de productivité, de qualité, ..)

Sympa ! Cela revient en fait à un vieux débat au niveau des taxes : ‘Taxe’ à la Source ou ‘Taxe’ au produit fini  équivaut  à Gouvernance à la création de l’information ou gouvernance sur les utilisateurs de cette information.

Pour ma part, j’aime bien cette petite équation qui me parait être fort sympathique.

[Croissance exponentielle de l’information] 

+

[Evolution des cultures, cf 2.0]

=

[Linked Data]

+

[Gouvernance de l’information]

+

[Technologies d’automatisation du traitement de l’information]

+

[Technologie d’empaquetage  de l’information]

=

[Information Autonome Intelligente]

Qu’en pensez vous ?

Jean-Pascal Perrein

www.3org.com

Soumis par Jean-Pascal Perrein (non vérifié) - le 07 février 2011 à 10h36

Merci pour ce billet. Clairement, la recommandation est une réponse au flot d’informations auquel nous sommes aujourd'hui exposés et qui nécessite de filtrer et trier l'information de manière efficace. Comme vous le soulignez déjà, c'est dans ce sens qu'IBM a fait évoluer son réseau social d'entreprise (Lotus Connections). A partir des informations de votre profil, de vos tags, de vos actions ou encore de votre réseau, Lotus Connections vous recommande des profils et des informations relatives à vos centres d'intérêt. L'objectif global : aider les professionnels à gérer l'information comme un flux et à aller vite à l'essentiel.

Soumis par Pauline (non vérifié) - le 08 février 2011 à 14h02

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