Avec Lucas, le mobile devient un laboratoire d'analyses médicales

Par 02 janvier 2009
Mots-clés : Smart city, Asie-Pacifique

Un portable capable d'identifier les microparticules contenues dans des prélèvements a été mis au point par des chercheurs. Le système optimisera la supervision à distance de certains malades.

L'université de Tokyo travaillait déjà sur le concept de "communication moléculaire", c'est-à-dire la possibilité de prélever des éléments chimiques et de les communiquer par mobile. C'est la raison pour laquelle ses chercheurs ont pris contact avec ceux de l'UCLA. Lesquels ont mis au point un téléphone portable capable d'analyser instantanément des échantillons de salive, de sang ou d'un autre liquide. Ce type de dispositif pourrait servir par la suite à mieux superviser l'état de santé de personnes atteintes du VIH ou de la malaria. Il pourrait également être utilisé afin d'analyser la qualité de l'eau dans des régions en voie de développement ou dans des zones sinistrées. Le prototype repose sur une plate-forme d'imagerie intitulée Lucas, pour "Lensless Ultra-wide-field Cell monitoring Array platfom based on Shadow imaging". Celle-ci a été miniaturisée de façon à pouvoir être intégrée à un téléphone standard, et même une webcam.
Analyse de la qualité des eaux
Les deux périphériques peuvent capturer une image des prélèvements à analyser de la même façon. Ce, grâce à une lumière bleue de courte longueur d'onde. Dans la mesure où les globules rouges et les autres microparticules à analyser possèdent un modèle de diffraction distinct, ils peuvent être identifiés et comptés grâce à un "algorithme de décision" comparant ces images d'échantillons à d'autres images que le téléphone possède déjà en mémoire. Selon les besoins, les données collectées peuvent être envoyées à l'hôpital par téléphone pour un diagnostique plus complet. Elles peuvent aussi être transférées sur un ordinateur via USB. Les chercheurs à l'origine du projet expliquent que Lucas n'a pas été conçu pour se substituer à un microscope. Tandis que ces derniers produisent des images très détaillées, celles du dispositif mobile ont du grain et sont pixelisées.
Un dispositif dépourvu de lentille microscopique
Le principal avantage de Lucas réside plutôt selon ses concepteurs dans sa capacité à reconnaître instantanément des microparticules. Cette tâche prend en effet plus de temps et est plus complexe lorsqu'on ne dispose que d'un microscope et d'un matériel limité. Autre avantage : la nouvelle plate-forme d'imagerie n'utilise pas de lentille. Si bien que, en matière de taille, sa seule contrainte réside dans la puce électronique sur laquelle elle est implémentée. "Non seulement ce dispositif peut avoir un grand impact sur les applications de santé mobiles mais il peut fortement améliorer les techniques de cytométrie utilisées en laboratoire. Ce à moindre coup", déclare Aydogan Ozcan, un chercheur en ingénierie électrique. Lui et son équipe travaillent actuellement à l'optimisation du système. Lequel pourrait même servir à identifier des bactéries aussi petites que la E. Coli.

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