L'uniforme veille sur la santé du secouriste

Par 22 octobre 2008
Mots-clés : Smart city

L'Europe travaillait déjà à des vêtements de pompiers qui embarquent une fibre capable de réagir à son environnement. Un autre projet, Proetex, insère biocapteurs et appareils communicants pour un meilleur suivi.

"Suivre l'état de santé des secouristes et des pompiers dans une situation d'urgence est nécessaire, pas seulement parce qu'ils risquent leur vie, mais aussi parce que cela permet de les rendre plus efficaces", souligne Annalisa Bonfiglio, coordinatrice du projet européen Proetex. Et la meilleure manière de réaliser ce suivi est de rendre les vêtements que portent les professionnels capables de fournir des informations sur l'état physique du secouriste et son environnement. C'est en tout cas l'opinion des responsables de l'initiative, qui ont travaillé sur l'insertion d'un réseau de capteurs au sein des uniformes. Les données sont collectées sur un boîtier électronique que le volontaire porte sur lui, et transmises par communications sans-fil au poste de contrôle ou au porteur du vêtement lui-même. Proetex, initié en 2004, est actuellement dans la deuxième des trois phases initialement prévues. Des premiers prototypes ont déjà été élaborés.
Des capteurs qui donnent l'alerte
Les capteurs sont insérés dans plusieurs éléments de l'uniforme : manteau, chemise, chaussures et dans une ceinture dédiée aux victimes. Pour le moment, les capteurs placés dans les vêtements au contact de la peau permettent de suivre certains signes vitaux comme le rythme cardiaque et la température du corps. Ceux posés sur les habits en contact avec l'extérieur sont chargés de repérer une température trop élevée ou la présence de gaz toxiques. Cette deuxième sorte de capteurs alerte le réseau central mais aussi le secouriste lui-même. La veste embarque également un accéléromètre et un GPS qui traquent les mouvements de celui qui la porte et permettent de le localiser. Si l'individu est considéré comme blessé, le système déclenche une alerte sonore et/ou lumineuse afin de le retrouver plus facilement. Les bottes embarquent un détecteur de gaz. A terme, elles accueilleront aussi des batteries, d'autres capteurs et appareils de communication.
Vers des applications commerciales
Quant aux futures versions de vêtements intelligents, elles intègreront d'autres biocapteurs capables de gérer le taux de déshydratation, le niveau de stress, le volume de sueur et la présence de dioxyde de carbone. Elles identifieront aussi la position de leur propriétaire : assis, couché ou debout. Ce, afin de déterminer plus rapidement si le secouriste est éventuellement en danger ou inanimé. Les responsables du projet réfléchissent aussi à un lancement commercial de leurs dispositifs. Plusieurs secteurs ont en effet toutes les chances d'être séduits par le projet : ceux de la santé et du sport. A savoir : selon un rapport publié à l'occasion de la SmartFabrics Conference 2006, le marché des vêtements communicants devrait représenter plus de 300 millions de dollars, avec une croissance de 20 % par an.

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