L'usure des ordinateurs peut être malintentionnée

Par 23 juin 2009

En modifiant le voltage des circuits imprimés, des organisations criminelles seraient à même d'avancer la sénescence des calculateurs.

Une méthode crapuleuse pourrait exploiter un phénomène physique naturel pour détruire les ordinateurs à petit feu. HCI (Hot Carrier Injection) accélère le vieillissement des circuits imprimés. Bien connu des fabricants d’électronique, ce phénomène présent dans tous les circuits imprimés est leur principale cause de dégradation. Il implique un électron qui a emmagasiné trop d’énergie le transformant du coup en une barrière pour ses congénères et donc leur propagation dans tout le circuit. Cela finit par abîmer la structure même du circuit. Pour rallonger la durée de vie de leurs produits, les fabricants essayent de limiter le plus possible ses effets.
Un cheval de Troie facile à installer.
Par contre, si une organisation mal intentionnée s’arrange pour accentuer ce phénomène par des manipulations électriques, il s’apparenterait à "une bombe à retardement" pour les machines. Ce cheval de Troie matériel est très facile à mettre en place sur une machine. Selon une équipe américaine, son installation ne nécessite pas d’ajouter de composants électroniques. Elle peut se faire à deux étapes du développement d’un ordinateur. Lors de sa conception, où une personne malavisée est à même d'introduire un circuit imprimé "infecté". Ou au moment de sa production. Des procédures permettent de limiter le HCI au niveau de sa fabrication sont mises en place.
Une détection quasiment impossible.
Mais, si elles ne sont pas appliquées il existe un risque pour que l’ordinateur soit "infecté".  La détection de l’infection d’une machine par ce Cheval de Troie est complexe. HCI entraîne un vieillissement accéléré, qui pour être détecté demande de distinguer une usure normale d'une autre disproportionnée. Cela nécessite donc l’installation d’appareils de mesure. Les entreprises ne doivent pas s'affoler. Ce type de cheval de Troie n’existe pas encore. Pour le conceptualiser, les chercheurs sont partis du constat que la plupart des fabricants de circuits imprimés délocalisent leur production et que cela les expose à des problèmes de sécurité. 

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