L'utilisation de son téléphone traduit son état de santé

Par 21 octobre 2010
Téléphone mobile dans la main

Étudier les déplacements d'un individu via le GPS de son mobile, mais aussi le rythme de ses communications, permet de déterminer s'il tombe malade. Et du coup d'alerter famille ou corps médical.

Étudier l'utilisation que font les individus de leur mobile permet d'extrapoler sur leurs habitudes. Et plus particulièrement sur leur état de santé, soutient une équipe du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Selon les chercheurs, il est ainsi possible de détecter un cas d'épidémie de grippe, par exemple, en repérant des changements dans les habitudes de déplacement et de communication des propriétaires d'un mobile. Pourquoi ? "Parce qu'une personne souffrante modifie ses habitudes de mobilité", précisent-ils. Pour arriver à ces conclusions, ils ont équipé soixante dix étudiants de téléphones dotés d'un logiciel capable de les informer des déplacements, et du nombre d'appels téléphoniques et de messages textes envoyés par les sujets testeurs.

Un système d'alerte précoce

Résultats : ceux souffrant d'une fièvre ou d'une grippe se sont moins déplacés et ont utilisé moins tardivement le soir et moins tôt le matin leur mobile. Concrètement, "90% des cas de grippe ont été identifiés par le biais du logiciel", ajoutent-ils. En terme d'utilisation, ces derniers parlent d'un "système d'alerte précoce". Une technique qui pourrait être utilisée pour surveiller l'état de santé des personnes vivant seules. Par exemple, en associant le logiciel à une application mobile capable d'alerter un contact défini préalablement - parents ou médecin - lorsque la communication de l'utilisateur et ses mouvements suggèrent qu'il est malade.

Reste à prendre en compte les facteurs externes à l'utilisateur

Autre utilisation possible : permettre aux services de santé publique de détecter les prémices d'une épidémie, dont l'alerte dépend pour le moment des rapports des médecins et des laboratoires. A noter : dans la même veine, un chercheur de l'université de Warwick est en négociation avec le ministère de la santé d'un pays de l'Europe du nord - non précisé - dans le but de définir des "signatures" pour chaque maladie. Cela en reliant les communications de dix mille personnes à leur dossier médical. Et en prenant également en compte des facteurs externes à l'utilisateur telles que des intempéries, grèves, etc.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas