La lutte contre le piratage logiciel bientôt obsolète ?

Par 15 juin 2009 1 commentaire
Mots-clés : Smart city, Europe

Les systèmes hébergés permettent aux éditeurs de contrôler plus facilement qui utilise leurs produits. Entretien avec Jamal Labed, membre du BSA, sur les enjeux de ce modèle.

BSA (Business Software Alliance) voulait intervenir à l'occasion de la journée organisée pour lutter contre la contrefaçon le 10 juin. Le but était de mettre en garde contre les dangers et les manques à gagner pour l'industrie du logiciel. Mais ce discours ne sera-t-il pas rendu obsolète par un usage plus grand de l'open source et des logiciels disponibles en tant que service sur Internet (Saas). C'est ce que L'Atelier a voulu savoir.
L'Atelier : Le SaaS est-il une solution efficace pour lutter contre le piratage des   logiciels ?
Jamal Labed* : Je le crois, oui. Dans le cadre des SaaS (Software as a Service), l'éditeur a la main sur le service. Il contrôle les flux passant sur l'application, et est donc plus à même de repérer les anomalies et de se prévenir contre les attaques des pirates. Dans ce sens, les SaaS sont une excellente solution pour éviter que des logiciels ne circulent de façon illégale sur le marché.
Ne peut-on pas imaginer cependant que des concurrents récupèrent et copient le code source d'une application en tant que service exécutée sur une infrastructure distante ?
Avec Internet on ne peut jamais affirmer qu'une chose est impossible. Mais pour ma part, je ne crois pas que ce soit envisageable. Le niveau de protection de ces services est très élevé. Par exemple pour des sites comme Google ou SalesForce, il me semble impossible de réussir à pirater le système. Autre chose à savoir : l'infrastructure technique des services dématérialisée est bien plus complexe que celle des logiciels individuels. Elle doit rendre le logiciel capable d'accepter que de multiples personnes différentes se connectent dessus pour effectuer des taches différentes. Ce n'est plus un simple logiciel, mais un service qui réclame une véritable équipe derrière pour le faire fonctionner.
Tout laisse du coup à penser que les SaaS vont être plébiscités par les éditeurs… 
Oui, mais cela va demander de la patience. Les systèmes décentralisés sont encore nouveaux. Et il existe une barrière psychologique que les clients n'ont pas encore passée. Il faut du temps aux utilisateurs pour accepter le fait que le logiciel n'est pas installé sur leurs machines mais hébergé par l'éditeur. Pour les éditeurs la problématique est différente. Ils sont obligés de trouver une solution pour lutter contre le piratage. C'est la survie de leur entreprise qui est en jeu. Il faut savoir qu'en France, 40 % des logiciels utilisés en entreprise sont piratés.
Cette situation a mis en faillite de nombreux éditeurs. Le passage au SaaS est donc une étape inévitable à la survie des éditeurs mais ce passage entraîne une transformation du business model.
*Jamal Labed dirige Staff and Line, fournisseur de solutions de gestion des actifs informatiques.

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1 Commentaire

l'infrastructure technique des services dématérialisée est bien plus complexe que celle des logiciels individuels

Soumis par television (non vérifié) - le 20 décembre 2009 à 10h31

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