Pour lutter contre la fraude au clic, rien ne vaut une fausse publicité

Par 15 février 2010
Mots-clés : Future of Retail, Europe

L'université de Londres propose d'insérer des réclames peu pertinentes avec le thème d'un site afin d'identifier si ce dernier cherche ou pas à maximiser le nombre de clics. Le cas échéant, les annonceurs ne seraient pas facturés.

Le succès de la publicité en ligne est une source de revenus importante pour de nombreux sites et leurs propriétaires. Problème : certains d'entre eux n’hésitent pas à employer des bots ou des internautes, notamment dans les pays émergents, pour maximiser les clics. Une fraude qui peut finir par revenir cher aux annonceurs. Pour lutter contre cette pratique ou du moins en limiter le coût, un chercheur de l’université de Londres propose de recourir à de fausses publicités. Celles-ci permettront de distinguer le bon grain de l’ivraie parmi les clics sur les réclames. Et donc de ne facturer les annonceurs que pour les clics considérés comme légitimes. Concrètement, ces publicités "pièges" sont réparties en deux catégories.
Des publicités de niche proposées au hasard
D’un côté, on trouve des annonces réelles, mais présentées à des internautes dont le profil ne correspond pas du tout à celui de la publicité. Le chercheur imagine par exemple une publicité pour l’Oktoberfest présentée à un internaute iranien. Dans ce cas, il est extrêmement peu probable qu’un utilisateur sincère ne clique dessus. Résultat, un taux de clics trop important sur ce type de publicités soulèvera des soupçons. Deuxième possibilité, des annonces très ciblées, et présentées à des internautes au hasard. Celles-ci sont destinées à tromper les bots ayant construits un faux profil très fouillé pour se jouer des annonceurs. Là aussi, si ces publicités sont cliquées à un taux comparable à celui des publicités pertinentes, on peut considérer ces clics avec suspicion.
10 à 15% des clics de nature frauduleuse
Et décider de les ignorer au delà d’un certain taux. Pour que cela fonctionne, le chercheur estime que la proportion de ces fausses réclames doit rester faible et qu’elles ne doivent pas être facturées à l’annonceur pour cette utilisation. Un internaute légitime considèrera simplement que le vendeur d’espaces fait un travail médiocre. Pour le chercheur, l’utilisation de ces fausses publicités ne pourra pas être l’arme ultime contre la fraude au clic. Le scientifique britannique espère en revanche attirer l’attention sur ce domaine de recherche trop délaissé alors que les études parues sur le sujet estiment que 10 à 15 % des clics sur une publicité sont de nature frauduleuse.

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