Lyon French Tech se rêve championne internationale

Par 13 août 2015
Lyon French Tech : une ambition à l'international

[French Tech Tour] Pour ce tour des villes labellisées French Tech, L’Atelier revient sur l’écosystème de l’innovation lyonnais.

Sans doute est-ce le fruit de son histoire, carrefour entre l’Europe du Sud et du Nord : Lyon jouit déjà de la présence de nombreuses industries et grandes entreprises sur son territoire. On pourrait citer en vrac Lafarge, Engie, Renault Trucks, Bank of China, Seb en encore IBM. En tout, Lyon comptait en 2013 plus de 40 000 entreprises (dont 7 000 dans le numérique) de toutes tailles faisant de la ville aux deux fleuves le deuxième pôle économique français après l’Île-de-France. Mais la métropole ne compte pas s’arrêter là. Avec son tout nouveau label « French Tech », Lyon espère jouer un rôle central dans le monde de l’innovation.

Former les « tech champions » de demain

Le système de l’innovation lyonnais semble ainsi promouvoir l’accélération des start-up au-delà de leur simple création. Avec les quelque cinq accélérateurs de sa métropole (Axeleo, Boost in Lyon, EM Lyon, Axandus et Pulsalys), Lyon veut booster les start-up et pousser les entrepreneurs locaux. Quant au nouveau label « French Tech » réunissant les cinq accélérateurs, il a pour ambition d’accélérer 100 start-up chaque année contre la quinzaine actuelle. L’ambition est donc bien d’accélérer un maximum de start-up ; ne pas se contenter d’encourager la création même si des incubateurs ont été mis en place.

Dans le même esprit, Lyon French Tech va ouvrir en 2016 un bâtiment « totem » de 3 000 mètres-carrés. Dédiée aux start-up de la ville, le but de la future Halle Girard réhabilitée sera d’accompagner les jeunes pousses en les mettant en lien avec tous les acteurs de l’innovation lyonnaise comme l’Aderly (l’Agence pour le développement économique de la région lyonnaise). L’ambition du lieu selon Patrick Bertrand, président de Lyon French Tech : « accompagner l'émergence de nouveaux tech champions ». L’organisation espère même 15 nouveaux champions du numérique d’ici dix ans.

Vers une métropole de l’innovation de rang mondial

Conséquence en partie de cette politique tournée vers l'accélération, Lyon dénombre déjà trois entreprises parmi la liste des 40 fleurons européens du numérique établie par Enternext : Adocia, Erytech et LDLC.com. Autant de sociétés qui sont pour certaines déjà présentes à l’international. Car la volonté est claire dans la métropole lyonnaise de devenir un acteur de l’innovation au niveau mondial. La ville a déjà développé des partenariats économiques avec Los Angeles, Montréal ou Hong-Kong mais c’est surtout avec Boston que Lyon espère se positionner comme métropole internationale de l’innovation.

                             Lyon French Tech développe des partenariats partout dans le monde
 

Les deux cités ont ainsi lancé le programme Big booster, une compétition de start-up du monde entier. Après la sélection d’une centaine de jeunes pousses puis des vingt finalistes, le programme désignera trois gagnants. Ces derniers devront avoir « une ambition internationale » selon le descriptif de la compétition et recevront une somme de 100 000 euros après plusieurs bootcamps organisés dans la ville aux deux fleuves. Lyon espère donc clairement devenir un des carrefours du monde de l’innovation mondial.

Attirer les start-up internationales et encourager les jeunes pousses locales

La ville veut même attirer un grand nombre de start-up et d’entreprises du numérique étrangères : dix par an dans le cadre de Lyon French Tech. « Ce n’est pas un hasard si Evernote s'est installée à Lyon » rappelle Patrick Bertrand qui insiste toutefois sur un enjeu futur : « notre principal challenge pour Lyon French Tech sera  coordonner la formidable dynamique de notre écosystème et de promouvoir l’attractivité du territoire pour les entrepreneurs français et internationaux ». Et le président de Lyon French Tech de regretter que l’expérimentation du Pass French Tech (visant à attirer les start-up internationales en France) se fasse en Île-de-France : « Il ne s’agit pas d’opposer Paris aux métropoles régionales, mais il est dommage que ce tropisme parisien ait guidé la décision et qu’une métropole régionale n’ait pas aussi été retenue pour cette expérimentation ».

                           Le label « Only Lyon » veut promouvoir la ville au niveau mondial.
 

Par-delà la volonté d’attirer les entreprises du numérique, Lyon espère aussi pousser ses propres fleurons au niveau mondial. Plusieurs start-up lyonnaises sont déjà implantées à l’international comme Geolid ou Esker. Mais la ville entend continuer le développement de ses jeunes pousses de par sa présence à de nombreux événements partout dans le monde : au CES de Las Vegas (Consumer Electronic Show), au Casual Connect d’Amsterdam, au Robot World de Séoul, etc. Lyon semble ainsi vouloir devenir une capitale de l’innovation et non plus seulement la « capitale de la province » comme la décrivait le critique Albert Thibaudet il y a plus d’un siècle.

 

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas